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Propositions pour une meilleure mobilité professionnelle entreprise-école afin de répondre aux défis des nouvelles réalités du monde du travail et lutter contre les pénurie d’enseignants

Renforcer l’attractivité du métier et de la carrière d’enseignant ; reconnaître mieux l’ancienneté acquise en entreprise; accompagner la mobilité des travailleurs en entreprises (dont les activités mixtes entreprises-écoles); stabiliser les équipes dans l’enseignement (notamment assouplir la réglementation Titres et Fonctions); créer dans l’enseignement un cadre valorisant mieux les compétences acquises en entreprises; améliorer les parcours de formation vers l’enseignement existants et initier des parcours innovants (par exemple en alternance) en concertation avec les acteurs de l’enseignement supérieur et de la promotion sociale… Des pistes concrètes de réflexions détaillées ci-après.

La pénurie d’enseignants a privé les élèves de 2 heures de cours par semaine (allant jusqu’à une perte de 6 semaines de cours par an) en 2019[1]. 1 élève sur 5 serait confronté à un problème d’absence d’enseignants pour cause structurelle[2]. On évalue en 2018-2019 le déficit structurel à plus de 1200 ETP enseignants[3]. Cette problématique structurelle, qui touche de nombreux pays européens, pose la question de l’adaptation ou non des carrières de l’enseignement aux réalités des parcours professionnels d’aujourd’hui, mais également celle de l’attractivité de l’enseignement.

Des mesures internes au système éducatif ont été mises en place pour agir sur l’attractivité du métier (par ex., « pourquoipasprof.be ») et réduire le taux important de décrochage des jeunes enseignants (1 sur 5 quitte le métier dans la première année, plus d’1 sur 3 dans les 5 ans).

La Fondation pour l’Enseignement propose de réfléchir à des solutions ouvertes sur le monde du travail dans son ensemble, en partant de plusieurs constats:

Premier constat: le cloisonnement des carrières ne correspond plus ni aux attentes des entreprises, ni à celles des nouvelles générations d’enseignants[4] et n’offre pas aux élèves de vue sur les dynamiques des parcours professionnels d’aujourd’hui.

Second constat: des travailleurs de l’entreprise ont un intérêt pour une reconversion professionnelle positive dans l’enseignement, seraient intéressés par une occupation mixte, à temps partiel dans l’entreprise et dans l’enseignement, à titre temporaire ou à long terme. Des travailleurs sont aussi dans des parcours de transition menant au départ de l’entreprise, notamment lorsque la mobilité en interne s’avère impossible.

Troisième constat: l’enseignement exprime au travers du Pacte pour un Enseignement d’Excellence une double volonté : d’une part une évolution des métiers et des pratiques professionnelle dans l’enseignement et, d’autre part, une ouverture accrue vers le monde du travail, notamment pour renforcer les liens entre l’enseignement et l’emploi[5]. Ces deux éléments justifient d’autant plus la pertinence des carrières mixtes.

Afin de répondre à ces réalités, plusieurs actions peuvent être menées à court et moyen termes:

1. Renforcer l’attractivité du métier et de la carrière de d’enseignant. Pour cela, il est nécessaire de:

  1. Rendre ses lettres de noblesses au métier d’enseignant en restaurant une image correcte de celui-ci, mieux valoriser les compétences que l’enseignant développe et mobilise dans son métier, auprès du grand public et de l’entreprise : enseigner est un métier exigeant, alliant des compétences disciplinaires, pédagogiques, interpersonnelles, autonomie, assertivité,… qui sont d’ailleurs aussi autant de compétences prisées pour des reconversions professionnelles de l’enseignement vers l’entreprise.
  2. Reconnaître l’ancienneté acquise en entreprise, en alignant celle-ci pour toutes les disciplines, niveaux et types d’enseignement à 15 ans, dès lors que les titres pédagogiques sont acquis ou en cours d’acquisition. Actuellement, seules 10 années d’expérience utile sont reconnues, pour les enseignants de cours techniques et de pratique professionnelle uniquement, et dans le cadre d’une procédure administrative assez lourde.
  3. Stabiliser les travailleurs et les équipes, d’une part en assouplissant le Décret « Titres et Fonctions »[6]. Dans des situations de fortes pénuries, en concertation avec les acteurs, diminuer significativement voire supprimer la hiérachie entre titres « requis » et «suffisants » et, d’autre part, donner aux pouvoirs organisateurs une marge de manœuvre plus importante pour reconduire (et nommer) un enseignant (dont le titre suffisant ou en pénurie a été accepté lors de son entrée en fonction) suivant une expérience probante sur le terrain.

2. Encourager et accompagner la mobilité des travailleurs depuis l’entreprise, dans la logique d’un parcours vers une réorientation positive, en mettant en évidence[7] les possibilités de reconversions et de formations. Permettre les carrières mixtes (contrat de travail simultanés dans 2 régimes statutaires, préservant les acquis par exemple en matière de pensions). La réglementation en matière de droit du travail (e.a. sur la mise à disposition des travailleurs[8]) doit pouvoir être adaptée, en mettant mieux à profit les moments de transition (comme un préavis) pour préparer une nouvelle carrière, tout en maintenant l’emploi du travailleur pendant cette période[9], ou encore en étendant le champs des mises à disposition des travailleurs (entreprises ne faisant pas partie de la même entité juridique ; temporairement ou à durée indéterminée). De futurs plans de relance suite à la crise sanitaire pourraient intégrer une plateforme écoles-entreprises pour encadrer et accompagner des reconversions positives.

3. Créer un cadre stimulant dans l’enseignement, qui valorise les compétences (par ex. les « STEM » : comme professeur de sciences ou de mathématiques) et les expériences acquises dans l’entreprise au bénéfice du projet de l’établissement scolaire, en proposant notamment des fonctions mixtes (par ex. coordination, soutien à l’orientation, etc.) dans l’enseignement, et en systématisant l’accompagnement et le mentorat des nouveaux enseignants.

4. Initier une concertation avec les acteurs de l’enseignement supérieur et de la promotion sociale, en priorité dans les fonctions et disciplines de l’enseignement identifiées de manière récurrente en pénurie, pour:

  1. améliorer les parcours de formations pédagogiques existants(certains permettant déjà une mobilité de l’entreprise vers l’enseignement, comme l’agrégation, les CAP et la promotion sociale) et en assouplir modalités et accès (e.a. suivre plus facilement une formation en continuant à travailler, organiser davantage de sessions pour les jurys) ;
  2. favoriser l’émergence de parcours innovants, notamment en alternance[10] ou combinant l’exercice du métier en entreprise et l’enseignement[11], afin de faciliter l’entrée dans la profession pour des travailleurs issus de l’entreprise, en les préparant aux « codes » du métier et en se focalisant sur les compétences interpersonnelles[12].

Pour accéder au texte en PDF : cliquez ici

Consulter aussi l'article paru dans LE SOIR ce 12.11.2020

Pour de plus amples informations: olivier.remels@fondation-enseignement.be - 0477 20 26 65


[1] Sondage FAPEO auprès de 500 familles, février 2020.

[2] Rapport 2017-2018 du groupe de travail lié aux missions de contrôle du niveau des études (Service Général d’Inspection–Secondaire) sur la base d’un échantillon de 336 établissements : 33482 élèves dans 1692 groupes-classes.

[3] Nombre de périodes pour lesquelles une offre Primoweb est restée sans réponse en FW-B (heures vacantes et absences cumulées): 170 dans le Fondamental ; 682 dans le Secondaire Inférieur (Math, Sciences, Français), 382 Sec Sup (Néerlandais, Français, Anglais). Données 2018-2019 de la chambre de la Pénurie (AGE, FW-B) ; Décret du 14 mars 2019 portant sur l'organisation du travail des membres du personnel.

[4] Le rythme moyen des jeunes générations, tout secteur confondu, est à présent celui d’une mobilité professionnelle tous les 5 à 6 ans.

[5] Plus de 13% (NEETS) des jeunes en Wallonie et 20% à Bruxelles sont sans emploi et sans parcours, ni dans l’enseignement ni dans une formation.

[6] Décret du 11 avril 2014 réglementant les titres et fonctions dans l'enseignement organisé et subventionné par la Communauté française.

[7] Directions des ressources humaines, bureaux d’outplacement et secrétariats sociaux sont des points d’appui.

[8] La Loi du 24 juillet 1987 sur le travail temporaire, le travail intérimaire et la mise de travailleurs à la disposition d'utilisateurs («Loi détachement»).

[9] Autoriser des contrats de travail simultanés dans les deux régimes statutaires, au minimum à titre transitoire, à l’instar d’expériences menées dans d’autres secteurs/régions (notamment « Dual Lessen Geven» en Flandre).

[10] Dans le programme « Leraar in Opleiding » en Flandre (enseignement Fondamental), 75 % des crédits sont acquis en haute école/université et 25% via des stages dans une classe. L’enseignant débutant est en contrat avec une école. Il peut acquérir ses titres pédagogiques “en alternance” (il est rémunéré pendant qu’il suit sa formation en horaires décalés). L’expérience construite dans la classe dont l’enseignant à la charge (ou lors de remplacement) vaut comme stages, ce qui ne nécessite pas de compléter les stages dans d’autres écoles. Les parcours (l’ordre des apprentissages) des universités/hautes écoles sont adaptés selon les rythmes scolaires. Les formations d’instituteurs, master à finalité didactique, agrégation dans l’enseignement Secondaire, promotion sociale/CAP pourraient faire l’objet de parcours innovants en alternance, à l’instar d’autres études supérieures.

[11]Le Gouvernement flamand a initié en partenariat avec Essenscia un projet-pilote (« Duale Lesgevers ») de 2 ans visant à permettre à des personnes employées dans les entreprises (volontaires) de travailler pour une période limitée comme enseignant (à temps partiel) dans l’enseignement secondaire. Une courte formation pédagogique intensive est organisée par les hautes écoles/universités pour les candidats qui n’ont pas de titres pédagogiques.

[12] A l’instar des formations accélérées dispensées par l’asbl Teach for Belgium, palliant aux pénuries aigües d’enseignants dans les écoles à encadrement différencié du Secondaire à Bruxelles. Les candidats se connectent ainsi apidement aux réalités du métier, avant d’acquérir (pour 8 sur 10 d’entre-eux) un titre pédagogique.

Story-Me s’adapte à la crise sanitaire

Suite à l’annulation d’une centaine d’activités avant les vacances de printemps, les partenaires du projet proposent des activités alternatives à la disposition des enseignants : des exercices pour leurs élèves toujours en confinement et des fiches pédagogiques qui permettront aux enseignants de poursuivre certaines activités en présentiel.

Plusieurs associations (ex.: Step2You et 100.000 Entrepreneurs) proposent aussi des ateliers en ligne sous la supervision des enseignants, tels que des rencontres avec des professionnels passionnés. Du côté néerlandophone, l’accent est mis sur le renforcement de l’accompagnement des enseignants…

Educ-IT "sur le pont" pour aider à garder le lien pédagogique entre enseignants et élèves.

Des acteurs associatifs mettent les "bouchées doubles" pour former les enseignants aux outils numériques avec une valeur ajoutée pédagogique, en collaboration avec les techno-pédagogues des fédérations de pouvoirs organisateurs.

Un exemple, qui mérite d’être relevé : l'équipe de Educ-IT s'est mobilisée, avec les techno-pédagogues des fédérations de pouvoirs organisateurs, pour aider à former les enseignants aux outils numériques avec une valeur ajoutée pédagogique, dans cette période de confinement*. Plusieurs centaines d'enseignants sont ainsi soutenus par l'asbl pendant la crise sanitaire, renforçant ou complétant les initiatives prises par les écoles qui utilisent déjà les outils numériques.
 
*Cette démarche visant à apporter une aide dans l’urgence concerne un nombre plus important d’écoles, de niveaux d’enseignement et de classes que dans le projet pilote de "rentrée numérique" mené depuis plusieurs mois dans 4 écoles pilotes en 4,5 et 6ème secondaires, en partenariat avec les fédérations de pouvoirs organisateurs de l'enseignement, l'administration de l’enseignement, l’agence wallonne du numérique et des acteurs philanthropes, dont la Fondation pour l'Enseignement. 
 
Nous saluons ces efforts communs, comme quantité d’autres initiatives qui aideront à traverser cette crise.
Pour lire l'article paru dans La Libre Belgique, cliquez ici.

Rappel du cadre donné au projet-pilote de Rentrée Numérique pour l’Education (janvier 2019)

Ce cadre fournit comme point d’appui aux partenaires (écoles, parents) les balises qui ont été fixées début 2019 par le Conseil d’Administration de la Fondation pour l’enseignement, dont les 5 fédérations de pouvoirs organisateurs de l’enseignement obligatoire.

Il semble utile d’expliquer les raisons qui mènent l’ensemble des Fédérations de Pouvoirs Organisateurs et la Fondation pour l’Enseignement à s’engager dans le projet pilote “Rentrée Numérique” et les balises que celles-ci ont souhaité poser pour le projet.

Le numérique éducatif était l’un des sujets de la session du parlement de la Fédération Wallonie Bruxelles (FWB) du 29/01/2020. Rassemblant notamment les acteurs de terrain chargés d’organiser l’enseignement (les 4 fédérations de pouvoirs organisateurs et Wallonie Bruxelles Enseignement) et les entreprises bruxelloises (via le BECI) et wallonnes (via l’UWE), la Fondation pour l’Enseignement n’a pu que se réjouir de la volonté exprimée par la ministre C. Désir d’encourager les écoles à adapter progressivement leurs pratiques pour ne pas rater le tournant du numérique.

Les chiffres lui donnent raison et mettent en lumière à quel point ce défi est conséquent. Le dernier baromètre Digital Wallonia montre en effet que le taux d’équipement en FWB est 4 fois moins important qu’en Flandre1. Et l’écart ne concerne pas que le matériel. 99% des écoles secondaires flamandes peuvent s’appuyer sur la présence d’un ICT coördinator, un référent numérique qui, en moyenne, est disponible 22 heures par semaine pour aider l’école à relever le défi tant d’un point de vue technique que pédagogique2. Ce type de profil est encore rare dans les écoles secondaires belges francophones. Ce sont quelques-unes des raisons qui expliquent, comme l’a rappelé la Ministre C. Désir, pourquoi l’analyse des tests PISA de 2015 montre qu’en Fédération Wallonie-Bruxelles, la part des élèves qui n’utilisent jamais internet à l’école est parmi les plus élevées de l’OCDE : 55 % en FWB contre 25 % en moyenne dans les pays de l’OCDE.

Si nos jeunes utilisent abondamment les écrans à des fins récréatives (jeux vidéo, réseaux sociaux), force est de constater que la présence encore timide du numérique dans le contexte scolaire ne les aide pas à développer les compétences numériques qu’on souhaiterait qu’ils maîtrisent pour la suite de leur parcours.

Cela fait un an que la Fédération Wallonie Bruxelles s’est dotée d’une Stratégie Numérique. Celle-ci définit un cadre et des perspectives positives. Elle propose de combiner un équipement minimum de l’ensemble des écoles et le respect de la liberté pédagogique des écoles qui souhaitent mettre en place des équipements complémentaires en fonction de leur plan de pilotage et de leurs défis propres. C’est dans cette perspective de diversité des approches que s’inscrit le souhait des Fédérations de Pouvoirs Organisateurs et des entreprises de tester - parmi d’autres - la démarche Rentrée Numérique combinant accompagnement des enseignants et équipement individuel des élèves du secondaire supérieur.

Comme le démontrent les nombreux projets enthousiasmants initiés par des enseignants actifs du maternel à la fin du secondaire, le numérique peut être un atout précieux aux apprentissages à toutes les étapes du parcours des élèves. Cependant, dans ce contexte de moyens limités, il nous semble qu’il existe une urgence particulière à équiper d’un bagage numérique suffisant les jeunes des dernières années du secondaire, sur le point de débuter des études supérieures ou de rentrer dans le monde du travail, où le digital est particulièrement présent. C’est précisément l’approche du projet Rentrée Numérique. Cette urgence est d’autant plus grande pour les jeunes qui grandissent dans un environnement dans lequel le matériel et/ou les compétences digitales sont peu présents.

Nous sommes intéressés de tester, entre autres, dans quelle mesure un équipement one-to-one (une machine par élève) permet d’augmenter le plaisir d’apprendre des élèves, d’accroître leurs compétences digitales, de faire évoluer les pratiques pédagogiques mais aussi de réduire certains autres coûts.

La crise sanitaire actuelle sans précédent met par ailleurs encore plus en exergue les bénéfices potentiels que l’on peut attendre des outils numériques en général.

Avant de s’engager dans ce projet de rentrées numériques, les Fédérations de Pouvoirs Organisateurs de l’enseignement francophone et des entreprises réunis dans la Fondation pour l’Enseignement, ont défini des balises pour le projet :

  1. Le projet-pilote sera obligatoirement proposé à des écoles issues de différents réseaux éligibles (WBE, CPEONS, SeGEC, FELSI, et CECP), libres à eux de décider d’y prendre part ou pas et les écoles volontaires seront choisies parmi les différentes catégories d’enseignement (général de transition et technique de qualification et/ou professionnel, ordinaire et spécialisé). En aucun cas le projet ne pourrait se déployer dans un seul des réseaux.
  2. Ce projet ne pourra démarrer dans les écoles volontaires qu’à la condition d’être validé tant au niveau de la Direction de l’établissement que de son pouvoir organisateur, après concertation au sein de l’organe de concertation sociale et du Conseil de Participation ou, si le Conseil de Participation n’est pas actif au sein de l’école, la consultation des acteurs qui y sont normalement représentés - en particulier les parents et le personnel enseignant. En particulier, minimum 70% des enseignants de 4ème, 5ème et 6ème secondaire des écoles concernées doivent y souscrire.
  3. Un modèle de co-financement est souhaitable. La gratuité totale du matériel informatique mis à disposition des élèves serait de nature à déresponsabiliser les élèves et les familles quant à sa valeur et une utilisation responsable, tant à l’école qu’à domicile. Le système de prêt (location à un prix modique pendant trois ans du matériel par la famille, à raison de 20 euros/trimestre pendant trois ans et possibilité d’achat de 30 euros après 3 ans3) est par ailleurs conforme à l’esprit et à la lettre du «Décret Gratuité», ce matériel étant pleinement assimilable au prêt/location de livres et matériel scolaire, tels qu’aujourd’hui réalisé dans une très grande majorité d’établissements scolaires.
  4. Soulignons ici aussi que, quel que soit le modèle économique envisagé, il n’est en réalité simplement pas possible d’envisager une virage numérique sans prévoir un coût d’investissement pouvant ensuite être compensé/récupéré par la diminution d’autres frais. Les expériences menées en Belgique et à l’étranger montrent en effet que l’introduction du “chromebook”d’un outil numérique mis à disposition de chaque élève permettrait aux parents de réaliser des économies significatives sur d’autres frais scolaires, tels que les photocopies, les livres scolaires ou encore l’acquisition de calculatrice simple ou scientifique, du tableau de Mendeleev, ainsi que la réduction des consommables (papier, encre, classeurs)4. Constatons que cette approche de co-financement est également une bonne pratique mise en avant par les études sur ce sujet au niveau européen5.
  5. Le projet fera l’objet d’une évaluation objective par des tiers indépendants. Elle inclura l’évaluation des éléments constitutifs du projet, et notamment la soutenabilité et l’acceptabilité du modèle économique proposé, avant toute mise à l’échelle éventuelle. Le projet- pilote visera aussi à mettre clairement en évidence, par comparaison aux années scolaires précédentes, les économies pouvant être réalisées dans les frais scolaires (cf. supra) grâce à l’utilisation de ce matériel.
  6. Les capacités pécuniaires des familles (pour la location du matériel informatique) dans chacun des établissements concernés ne pourront d’aucune manière constituer pour elles une entrave à la participation au projet. Aussi, l’asbl EducIT veillera à ce qu’un fonds (alimenté par des mécènes) soit mis en place pour intervenir dans les frais scolaires des familles en difficulté, selon des critères et une méthode qui sera définie en bonne intelligence avec chacune des fédérations de pouvoirs organisateurs.
  7. S’il est bien normal de recourir à une technologie évaluée comme optimale (ici la technologie du type « chromebook » est proposée, pour laquelle plusieurs marques coexistent, a été sélectionnée) et de veiller à une relative uniformatisation du matériel au niveau de chaque classe pour des raisons pédagogiques évidentes, les choix du matériel qui sera acquis par les écoles (avant location aux élèves) devront bien entendu respecter toutes les conditions légales d’achat de matériel par les écoles, notamment si ceux-ci entrent dans le cadre de la législation sur les marchés publics.
  8. Comme l’un des objectifs du projet est bien de réduire la fracture numérique dès l’école secondaire, notamment en préparation des études supérieures, les cahiers des charges relatifs aux choix technologiques (hardware et software) tiendront compte de la nécessaire continuité d’utilisation (en cas de rachat du matériel par l’élève en fin de location) dans le cadre des études supérieures et notamment de la possibilité d’utiliser des logiciels courant régulièrement utilisés dans ce cadre par les étudiants.
  9. La sécurité et la protection des données personnelles des élèves et des professeurs seront assurées selon les meilleurs standards.

Si l’horizon de gratuité prévu dans le Pacte est partagé par l’ensemble des acteurs, il s’agit selon nous d’y parvenir d’une manière intelligente et sans compromettre l’atteinte des objectifs prioritaires de l’enseignement tels qu’ils sont définis dans le décret Missions de 1997 qui précise que l’école se doit “d’amener tous les élèves à s'approprier des savoirs et à acquérir des compétences qui les rendent aptes à apprendre toute leur vie et à prendre une place active dans la vie économique, sociale et culturelle”.

Ce texte est disponible en PDF via ce lien.


  1. Baromètre Digital Wallonia Education & Numérique 2018, p. 13
  2. MICTIVO – Monitor ICT-Integratie in het Vlaamse Onderwijs, Eindrapport 2017 http://www.mictivo.be/wp-content/uploads/2019/01/BOOK_Eindrapport_MICTIV..., p 182
  3. Le financement du matériel partiel par les familles est, dans cette hypothèse, complété par un financement public qui pourrait par exemple être recherché auprès des Régions.
  4. Basé sur les entretiens des porteurs de projets avec des écoles en Flandre et les expériences réalisées en Amérique du Nord. Par exemple https://maine207.org/technology-and-information-services/chromebook-1-to-1/
  5. “Overview and Analysis of 1:1 Learning Initiatives in Europe”, European Commission JRC Scientific and Policy reports, A. Balanskat, D. Bannister, B. Hertz, E. Sigillò, R. Vuorikari, 2013

Focus Education Orientante

La Fondation pour l’Enseignement a lancé un partenariat avec Worldskills Belgium afin de mettre haut à l’agenda de tou.te.s la question cruciale de l’éducation orientante et des STEM en provoquant un échange entre les acteurs-clé lors des Startech Days.

WorldSkills Belgium et la Fondation pour l’Enseignement ont le plaisir de vous inviter à assister à la table ronde « L’information sur les métiers (dont les « STEM» ) dans l’Education orientante », dans le cadre exceptionnel des Startech’s Days, le lundi 23 mars à 16h30 à Ciney Expo.

Les Startech’s Days accueilleront ces 23 et 24 mars des centaines d’élèves et leurs enseignants. Ils seront sensibilisés et informés sur les métiers techniques et technologiques ainsi que sur les compétences STEM (Sciences, Technologies, Engineering, Mathematics) à travers plus de 100 animations réunies dans 3 villages métiers, 10 conférences et 30 finales des compétitions métiers.

Worldskills Belgium et la Fondation pour l’Enseignement ont souhaité profiter de cet événement de promotion des filières qualifiantes et des métiers techniques pour initier un échange entre les acteurs-clés de l’orientation sur le thème de l’éducation orientante, en lien avec les ambitions du Pacte pour un Enseignement d’Excellence. L’objectif est d’identifier les bonnes pratiques existantes et, de relever les questions légitimes que se posent les acteurs de terrain.

16h30 : Accueil par Monsieur Eric Robert, Président de WorldSkills Belgium

16h35 : Exposé introductif de Michel Guisembert, Président de WorldSkills France : « WorldSkills France, un outil pour choisir sa vie.»

16h50 : Table ronde animée par Olivier Remels, Secrétaire Général de la Fondation pour l’Enseignement :

  • Damien Canzittu, Assistant de recherche à l’Université de Mons
  • Laurence Lievens, Directrice de Step2You
  • Olivier Marchal, Directeur de la Cité des Métiers de Charleroi
  • Sophie De Kuyssche, Secrétaire Générale de la Fédération des CPMS de l’Enseignement Catholique
  • Valérie Baesch, Inspectrice Coordinatrice à la Province de Liège
  • Jean De Lame, Directeur du département Emploi-Formation à l’Union Wallonne des Entreprises

17h15 : Séance interactive de questions-réponses du public

17h40 : Conclusions par Michel Guisembert : «Un regard extérieur sur l’éducation orientante en FWB»

Merci de bien vouloir confirmer votre participation avant le 16 mars en cliquant sur ce lien.

Bonne et heureuse année 2020 : pour concrétiser ensemble le plan 2020-22

A tous, meilleurs vœux et bonne collaboration en 2020.

2020 permettra de concrétiser ensemble plusieurs ambitions majeures en renforçant les liens entre l’école et l’emploi dans le plan d’actions 2020-22 de la Fondation!

La réforme de notre enseignement francophone avance ! 2019 a ainsi vu le lancement des premiers Plans de Pilotage (près de 350.000 personnes de 1.600 écoles impliquées dans le dispositif), véritables plans stratégiques mis en place dans chaque établissement pour les 6 prochaines années, qui mobilisent de façon participative autour d’objectifs d’amélioration tangibles chaque acteur de l’école, depuis l’élève jusqu’àu pouvoir organisateur, en passant par les directions et les enseignants.

Le plan d’actions 2020-22 de la Fondation s’articule autour de trois priorités stratégiques, qui trouvent des points d’ancrage forts dans la réforme en cours (Pacte pour un Enseignement d’Excellence) et les récentes déclarations de politiques générales:

  1. Soutenir l’orientation positive via les compétences liées aux métiers (accent sur les STEM*), notamment apprendre à apprendre, s’entreprendre, le numérique, avec une attention sur les transitions (e.a. vers l’emploi et l’enseignement supérieur);
  2. Les conditions de réussite d’un enseignement en alternance (au sens large) écoles-entreprises ;
  3. Soutenir les reconversions professionnelles réussies grâce à une mobilité des personnes entre entreprises et enseignement.

Pour ces trois chantiers qui seront initiés dès 2020, des approches concertées viseront à proposer des recommandations et à identifier des bonnes pratiques (via des projets concrets), qui seront ensuite disponibles pour les acteurs. On veillera à une bonne appropriation des projets-pilotes (voir article ci-après) soutenus par la fondation, liés à ces priorités. Cette nouvelle législature verra aussi se poursuivre les réformes en cours de notre enseignement obligatoire, et notamment de l’enseignement qualifiant (technique et professionnel), selon la feuille de route du Pacte pour un Enseignement d’Excellence. Les nouveaux gouvernements ont également mis sur la table le chantier de l’alternance école-entreprise. Par ailleurs, la réforme de la formation initiale des enseignants doit permettre sa mise en phase avec les attendus concernant les élèves. La Fondation pour l’Enseignement sera disponible pour accompagner ces chantiers menés par les autorités.

A lire aussi l’interview donnée à La Libre Belgique (25.01.2020).

En 2020, plusieurs secteurs professionnels, entreprises et acteurs philanthropiques ont décidé de soutenir notre action et rejoignent les travaux du Comité stratégique de la Fondation pour les trois années à venir.

En ce début 2020, Monsieur Eric Dujacquier rejoint la Fondation comme bénévole, fort d’une expérience de 25 ans dans la formation des jeunes aux métiers de la Construction, pour accompagner la Fondation dans plusieurs chantiers.

Cette première édition de notre « bulletin de liaison » 2020 est l’occasion de vous informer en quelques minutes sur les principaux projets en cours et leurs liens au plan stratégique 2020-22.

A tous bonne lecture, et belle année à nos côtés !

Olivier Remels
Administrateur délégué
Jenifer Clavareau
Responsable Projets et Partenariats
Thierry Castagne
Président

Soutenir la dynamique école-entreprise avec les Bassins de vie

La Fondation pour l’Enseignement soutient des projets-pilotes école-entreprise: des partenariats au départ des défis locaux.

Acteurs de premier plan sur cette thématique, les Chambres Enseignement des Bassins Enseignement-Formation-Emploi ont en effet les partenariats enseignement – entreprises dans leurs missions. Les actions ont jusqu’à présent principalement été menées dans l’optique de poser des diagnostics de la situation locale en matière de corrélation entre offre d’enseignement et offre d’emploi/stage/alternance dans une zone géographique donnée. Ce travail, qui sera prochainement soutenu par l’Observatoire du Qualifiant, des Métiers et des Technologies, doit pouvoir être utilisé concrètement au bénéfice des élèves. C’est cela que la Fondation pour l’Enseignement a choisi de favoriser, en ouvrant la voie à de bonnes pratiques écoles-entreprises, à partir de défis exprimés par les entreprises et les acteurs scolaires locaux.

En identifiant les entreprises et écoles volontaires, en collaboration avec des partenaires ciblés (par exemple Agoria, Catch et la Cité des Métiers à Charleroi, IDELUX en Province de Luxembourg, Basse-Meuse développement et la Cité des Métiers à Liège), la Fondation joue tantôt le rôle de facilitateur, tantôt de conseiller et de relai. Des contacts positifs sont établis dans chaque Bassin, et plusieurs projets sont actuellement en cours ou en gestation, entre autres avec la collaboration des fédérations sectorielles : notamment, une action relative à l’image des métiers techniques (campagne menée au travers du regard posé par des jeunes sur les métiers industriels, amplifiée via les réseaux sociaux) à Charleroi ; un soutien à l’ouverture des options correspondantes aux pénuries locales (projet « Ganesh » auquel la FPE contribue) en Province de Luxembourg ainsi que de futures actions de sensibilisation aux métiers techniques et « STEM » (à l’horizon mai-juin 2020, en construction) à Liège. En Brabant wallon, le projet du Bassin relatif à l’orientation en collaboration avec l’asbl Synfora retient également l’attention de la Fondation. Ce projet vise notamment la déconstruction de l’image négative du qualifiant et des métiers techniques, préambule nécessaire à l’orientation positive, entre autres vers des filières métiers. Début 2020, le Bassin de Bruxelles identifiera avec nous les actions écoles-entreprises prioritaires à initier à partir de ses spécificités.

Ces collaborations sont l’opportunité d’un ancrage local pour les actions relatives à la nécessaire dynamisation des STEM en Wallonie et à Bruxelles, souhaitée tant par les décideurs publics que par les entreprises. Elles permettent d’identifier des priorités telles qu’une orientation de qualité portée par l’information métiers vers les STEM et la lutte contre les stéréotypes métiers négatifs, qui sont un frein à l’orientation vers de nombreux métiers d’avenir, ou encore le renforcement des collaborations de qualité autour de l’alternance et des stages. A suivre !

 

2ème édition du salon SETT : les nouvelles technologies au service de l’Education

Nous relayons une invitation à la 2e édition de SETT, les 6 et 7 février à Namur Expo (Avenue Sergent Vrithoff, 2, 5000 Namur). Découvrez ici le programme de SETT et Inscrivez-vous (inscription gratuite, mais obligatoire : code BAAL000001AAP).

SETT: 100 CONFÉRENCES ET ATELIERS POUR TOUS LES NIVEAUX ET TYPES D’ENSEIGNEMENT

3 grandes thématiques de SETT: