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LA FONDATION POUR L’ENSEIGNEMENT RECRUTE UN.E GESTIONNAIRE DE PROJETS

Le/la Gestionnaire de projet assistera la Responsable Projets et Partenariats dans les tâches liées à la conduite de plusieurs projets-clés (dont prioritairement le projet « Story-Me »), ainsi que dans les actions de communication.

DESCRIPTION DE LA FONCTION

Le/la Gestionnaire rejoindra l’équipe de la Fondation pour l’Enseignement, composée d’une équipe de trois personnes à temps plein. Le/la Gestionnaire de projet assistera la Responsable Projets et Partenariats dans les tâches liées à la conduite de plusieurs projets-clés (dont prioritairement le projet « Story-Me »), ainsi que dans les actions de communication. Elle/il rapportera à la Responsable Projets et Partenariats et directement au Secrétaire Général/Administrateur délégué.

La fonction comprend notamment les tâches suivantes :

  • Gérer, animer et mettre en œuvre plusieurs projets dédiés à l’amélioration du système éducatif, en utilisant des outils de suivi, en collaboration avec la Responsable Projets et Partenariats ;
  • Accompagner et fédérer les différentes parties prenantes des projets (écoles, associations, entreprises, partenaires publics et privés) pour atteindre les objectifs fixés dans une logique d’amélioration continue ;
  • Organiser des ateliers et des groupes de travail en lien avec les priorités du plan d’actions ;
  • Planifier et animer les organes de gouvernance des projets, et en faire rapport de manière systématique, en coordination avec la Responsable Projets et Partenariats et le Secrétaire Général ;
  • Coordonner le développement et gérer des outils de communication (réseaux sociaux, newsletter, créations de visuels -avec une assistance technique spécialisée- et de textes, prises de photos et accueil lors des évènements, …) ;
  • Rédiger et publier des contenus de sensibilisation : articles à destination des sites internet, de la presse spécialisée, ainsi que des présentations à destination des groupes de travail ou de séances d’information ;
  • Organiser et superviser les aspects logistiques des projets.

Ces responsabilités seront amenées à évoluer en fonction du développement des projets et sont modulables en fonction des complémentarités d’intérêts et de compétences au sein de l’équipe.

PROFIL RECHERCHÉ

  • 2 à 3 années d’expérience en gestion/coordination de projet multi parties prenantes ;
  • Une connaissance du système éducatif et/ou associatif est un atout ;
  • Excellentes capacités d’organisation et de communication avec des personnes aux profils variés (écoles, entreprises et associations) ;
  • Animateur.trice avec un sens aigu du contact humain et une forte capacité d’empathie ;
  • Excellente communication écrite et orale ;
  • Expérience en développement d’outils de communication (e.a site Internet et réseaux sociaux) souhaitée ;
  • Esprit d’analyse et de synthèse, proactivité et autonomie ;
  • Capacité d’adaptation à des environnements évolutifs et esprit d’équipe ;
  • Langue maternelle français ; bonnes connaissances en anglais et néerlandais souhaitées ;
  • Maîtrise des outils informatiques courants ;
  • Flexibilité au niveau des horaires selon les nécessités et déplacements fréquents en Région Bruxelles Capitale et en Wallonie ; capacité à travailler à distance (télétravail) plusieurs jours par semaine, tout en ménageant les interactions nécessaires aux projets ;
  • Affinités avec la philosophie générale et les objectifs de la Fondation pour l’Enseignement et ses projets.

NOUS OFFRONS

Il s’agit d’une opportunité unique de développer plus avant vos connaissances et compétences en matière de gestion de projet et de communication, dans un domaine-clé pour la cohésion sociale et l’insertion professionnelle des jeunes en Wallonie et à Bruxelles, en contribuant activement à un enseignement de qualité pour tous, au sein d‘une Fondation d’utilité publique aux multiples parties prenantes, ce qui vous permettra aussi de développer un réseau professionnel étendu.

  • Des tâches formatrices, diverses et variées ;
  • La possibilité de contribuer efficacement à l’amélioration du système éducatif en lien avec les défis du monde socio-économique ;
  • Une ambiance de travail flexible, agréable et bienveillante ;
  • La possibilité de travailler à distance (3 à 4 jours par semaine).

Contrat d’employé.e à temps plein à partir de mars 2022.

Intéressé.e ? Envoyer un CV et une lettre de motivation à l’attention de la Fondation pour l’Enseignement avant le 28 janvier 2022: or@fondation-enseignement.be.

LA FONDATION POUR l’ENSEIGNEMENT

La Fondation pour l’Enseignement est un point de rencontre privilégié entre l’école et l’entreprise. Sa mission est de contribuer significativement à améliorer la qualité de l’enseignement au travers de projets originaux, concrets et pragmatiques avec les acteurs de terrain (pouvoirs organisateurs, direction d’écoles, enseignants, élèves) et par la production d’analyses et de propositions concrètes, résultant du dialogue entre les fédérations des pouvoirs organisateurs des écoles et les entreprises.

En faisant tomber les stéréotypes, dans un dialogue permanent, la Fondation diffuse les bonnes pratiques à l’intérieur des réseaux, en vue de générer des approches plus efficaces, à grande échelle. La Fondation valorise aussi les élèves et leur insertion dans la vie professionnelle, en particulier dans l’enseignement qualifiant.

Prix Reine Paola : appel à projets au bénéfice des élèves de l’enseignement technique, professionnel, artistique, spécialisé et des CEFA

Ce prix récompense chaque année les meilleurs projets qui ont l’environnement, la terre ou l’espace comme thème. Ceux-ci doivent viser à améliorer la qualité de la vie, et peuvent être abordés d’un point de vue scientifique, technique, artistique ou écologique.

Pour qui ?

Il s’adresse aux élèves encadrés par leurs enseignants, du 3ème degré de tous les secteurs de l’enseignement ordinaire, technique ou artistique de transition, de l’enseignement spécialisé ou de l’enseignement en alternance.

Belle progression du projet de « rentrée numérique » éducative

La dernière année a vu une montée en puissance importante et un accueil de plus en plus favorable au projet “Rentrée Numérique” EducIT en Fédération Wallonie Bruxelles. Dernier développement en date : le fonds « Rentrée Numérique » aide dorénavant les écoles à s’équiper... 

Le projet de rentrée numérique sur le modèle proposé par l’asbl EducIT rencontre un accueil de plus en plus favorable, et emporte l’adhésion d’un nombre croissant d’écoles, qui optent pour ce modèle (ou des variantes), avec un cahier des charges respectant les éléments essentiels, à savoir une large adhésion des équipes et l’intégration aux objectifs pédagogiques de la communauté éducative locale, la formation et l’accompagnement pédagogiques des enseignants, et la mise à disposition d’une machine par élève, permettant une utilisation à bon escient en classe et à la maison, selon les objectifs pédagogiques recherchés.

La circulaire 7919 sortie en janvier 2021 a entériné le modèle en favorisant un accès à un ordinateur personnel à potentiellement 260.000 élèves du secondaire via la mise en place d’un co-financement public-privé de ces machines. La partie privée du coût d’achat ou de location étant prise en charge par les parents, un fonds de solidarité a été couplé au dispositif afin de garantir un accès pour tous. En parallèle, les budgets prévus pour l’embauche de 42 technopédagogues par les Fédérations de pouvoirs organisateurs ou grands pouvoirs organisateurs à l’horizon 2025 ont été avancés à 2021.

Agir pour l’Enseignement (APE) a travaillé en collaboration étroite avec EducIT pour aider le SeGEC à envisager concrètement son « Virage Numérique ».  Le travail de co-création réalisé dans ce cadre porte déjà ses fruits actuellement et est duplicable (moyennant des adaptations selon les contextes) aux autres pouvoirs organisateurs qui désirent s’en saisir. A cette fin, la Fondation pour l’Enseignement poursuit ses groupes de travail plusieurs fois par an, permettant notamment l’échange des bonnes pratiques, dans une logique de soutien mutuel à cet enjeu collectif. Les sujets transversaux qui concernent les pouvoirs organisateurs en vue d’une transition numérique réussie y sont traités.

Tous ces éléments conjugués ont permis le démarrage d’une trentaine de nouvelles écoles dans le modèle “Rentrée Numérique” en septembre 2021, portant le nombre d’implantations à 50, le nombre d’enseignants accompagnés à 3.000 et le nombre d’élèves équipés à un peu moins de 12.000.

Le travail étroit de collaboration entre les technopédagogues d’EducIT et les technopédagogues des fédérations de pouvoirs organisateurs permet cette montée en puissance en mobilisant des ressources à différents niveaux.

Le “Fonds Rentrée Numérique” créé en 2019 et hébergé à la Fondation Roi Baudouin avait pour but d’aider les familles précarisées à payer la quote-part privée des ordinateurs des jeunes. Cette fonction étant reprise par le fonds de solidarité créé par la circulaire 7919, le Fonds Rentrée Numérique a été transformé en un fonds accessible aux écoles pour les aider à affronter certains coûts liés au lancement d’un projet d’équipement « 1 élève: 1 ordinateur » dans leur établissement (Wifi, projecteurs, engagement d’une personne ressource, …) à concurrence d’un montant maximum de 30k€ par école. Ce fonds est alimenté à hauteur de plus ou moins un million d’€ et suscite déjà de l’intérêt auprès de nombreuses écoles. Les écoles y auront accès tant qu’il y aura des liquidités disponibles.

La Fondation pour l’Enseignement poursuit son travail visant à accompagner au mieux ce projet qui conjugue au présent les éléments déterminants pour la réussite de la transition numérique et les balises mises en place conjointement avec les fédérations de pouvoirs organisateurs depuis 2019, grâce au soutien d’acteurs philanthropiques également impliqués dans le comité de pilotage du projet EducIT.

Parcours métiers renforcés : agir localement pour la qualité des parcours et renforcer les collaborations via des « pôles Ecole-Entreprise » (EDEN-HUB)

La Fondation pour l’enseignement explore avec les fédérations de pouvoirs organisateurs, UWE/BECI et les secteurs (Agoria, CCW, Essenscia et Fevia) les améliorations de parcours métiers (« trials ») en forte demande, et nourrit ces travaux d’interactions dans un projet Erasmus+ (EDEN-HUB).

Des hubs école-entreprise locaux et des parcours métiers renforcés pour les élèves

En Belgique francophone, les Bassins Enseignement-Formation-Emploi sont de formidables lieux de développement et de professionnalisation de l’approche école-entreprise, et c’est pourquoi c’est en relation avec les Bassins et leurs Chambres Enseignement que la Fondation mène, depuis plusieurs mois, des travaux permettant de construire un « cahier des charges » des collaborations école-entreprise, qui valorise les collaborations école-entreprise-centre de formation (Centres de Compétences - CDC/Centres de référence - CDR/Centre sde Technologies Avancées - CTA/centres de formation sectoriels), et assure des parcours métiers à haute valeur ajoutée pour les élèves.

Les « parcours métiers renforcés » sont par ailleurs soutenus et cadrés grâce à la grille des « 9 recommandations école-entreprise » https://www.fondation-enseignement.be/node/397 co-signée par les parties prenantes de l’enseignement (les 4 fédérations de Pouvoirs Organisateurs et WBE) et de l’entreprise (l’Union Wallonne des Entreprises, BECI et 4 grandes fédérations sectorielles : Fevia, Agoria, CCW et Essenscia).

Ces parcours métiers renforcés sont l’occasion de travailler en profondeur la question de la « formation triale » des élèves, partagée entre l’école, l’entreprise et le centre de formation (CTA ou CDC/R). Il importe d’optimaliser ces parcours au bénéfice de la qualité de la formation des jeunes, et de leur épanouissement personnel et professionnel.

Au printemps 2022, la Fondation produira un « cahier des charges » qui permettra aux décideurs institutionnels comme aux acteurs locaux de professionnaliser ces approches école-entreprise dans le cadre de la formation des élèves inscrits dans l’enseignement qualifiant, et en phase avec les orientations du Pacte pour un enseignement d’Excellence.

Vous souhaitez inscrire votre organisation dans la dynamique des Pôles école-entreprise européens ? N’hésitez pas à nous contacter via jeny.clavareau@fondation-enseignement.be ou olivier.remels@fondation-enseignement.be , et nous vous présenterons les possibilités qui s’offrent à vous.

Plus d’informations sur www.edenhub.eu

Agir localement, mais en s’inscrivant dans la logique de mobilité européenne Erasmus+ : EDEN-HUBS

Depuis septembre 2020, la Fondation pour l’Enseignement inscrit aussi son action dans un projet partenarial européen soutenu par Erasmus +, qui rassemble 8 organismes issus de 5 pays européens dans une dynamique de développement d’outils et de méthodologies permettant de créer et soutenir des synergies école-entreprise locales, des ED-EN HUBs.

Objectifs : créer, tester et diffuser une approche de collaboration école-entreprise permettant de réduire l’écart des compétences et de soutenir l’orientation positive, le recrutement et la formation, avec un focus sur les compétences transversales et transférables. Par l’élaboration de cette approche, le consortium permettra de soutenir la création ou le renforcement de pôles (« hubs ») école-entreprise locaux.

 

 

Intellectual Outputs : les résultats concrets visés

4 axes de travaux : le consortium, constitué d’acteurs aux expertises fortes et complémentaires sur la formation, l’enseignement, l’orientation, les compétences transversales et les relations école-entreprise, a divisé ses travaux en 5 axes, afin de soutenir les pôles école-entreprise locaux :

  1. Un kit d’outils pour le développement collaboratif (école-entreprise) des compétences transversales et transférables

L’ « octogone » des compétences transversales et transférables est déjà disponible (voir ci-après). Il permet aux acteurs école-entreprise de partir d’un outil d’identification et de classement commun des compétences, qui soit à jour au regard des préoccupations du monde du travail, et facilement utilisable.

  1. Une plateforme européenne pour les pôles école-entreprise et la dissémination des bonnes pratiques

Ces travaux portent sur le développement d’une plateforme en ligne permettant de soutenir la montée en puissance et la professionnalisation des collaborations école-entreprise locales. Concrètement, elle pourra permettre aux acteurs de bénéficier d’outils soutenant leurs travaux et de s’inspirer de principes méthodologiques pour professionnaliser leurs approches de parcours de formation et d’orientation.
Elle permettra également aux pôles locaux de s’identifier dans un réseau « ED-EN HUB » européen et de partager les bonnes pratiques.

  1. Au cœur des collaborations école-entreprise : un guide de ressources pour la formation conjointe des formateurs

Il s’agit de proposer un parcours intégré abordant les relations EDucation-ENterprise afin de faciliter et d'améliorer le parcours professionnel personnel.

Dans cette perspective, tout individu peut définir ses besoins de développement de compétences à travers des éléments d'orientation active. Ensuite, le projet proposera des outils aux professionnels pour les accompagner dans un processus de co-conception des éléments d'apprentissage. La phase de co-conception est au cœur du projet ED-EN HUB car elle permet aux personnes des deux parties (éducation et entreprises) de travailler ensemble, en comblant le fossé qui peut exister dans leur représentation mutuelle.

  1. Guide pour l’accompagnement coopératif à l’orientation des personnes en recherche de qualification et/ou d’emploi

Ce guide, développé sous la direction de la Fondation pour l’Enseignement, vise à repenser l’orientation comme un parcours complet pouvant être interrompu puis repris à tout moment par ses utilisateurs. Dans ce cadre, il proposera aux entreprises, écoles, et à l’ensemble des acteurs de partir de principes communs de l’orientation positive (qui vise à permettre aux personnes d’apprendre à s’orienter, se mettre en projet et s’ouvrir au monde), et à soutenir la collaboration école-entreprise dans cette mission.

A mi-chemin de son programme de travaux, le consortium s’est réuni à Londres en octobre dernier pour faire le point sur les travaux et échanger avec des grandes entreprises, écoles secondaires, primaires, hautes écoles et universités qui ont mené des projets allant dans la direction d’une professionnalisation des collaborations école-entreprise.
Impact attendu : au bout de ses 3 ans de travaux, le consortium aura permis le développement d’un véritable réseau européen de pôles école-entreprise (ED-EN HUBs), outillé grâce aux guides et outils méthodologiques co-construits.

 

Story-me : le projet est déployé depuis la rentrée dans 12 écoles qualifiantes à Bruxelles !

90 classes de 2ème et 3ème Secondaires (1300 élèves en 2021-22) et plus de 140 enseignants et éducateurs référents participent. Story-me, le projet qui accompagne les jeunes à devenir acteurs de leur parcours d’orientation, illustre et s’articule avec les objectifs d’éducation orientante du Pacte, en développant des compétences transversales : connaissance et confiance en soi, découverte des métiers et mise en projet ...

Le projet rencontre un fort enthousiasme 

Le projet se déploie, en dépassant les attentes. Entre septembre et novembre 2021, pas moins de 142 membres des équipes éducatives (enseignant.e.s, éducateur.rice.s et membres de CPMS) ont participé aux journées de formation accréditées proposées par l’équipe Story-me, portant sur les postures éducatives de l’orientation). Entre octobre 2021 et mai 2022 ce sont plus de 90 classes de 2e et 3e secondaires qui bénéficieront du parcours d’activités Story-me (10h d’activités en classe de 2e, 18h d’activités pour les 3e) , représentant presque 1300 élèves. Le parcours Story-me comprend des activités en classe et des visites extérieures, comme celle des Startech’s Days à laquelle plus de 780 élèves et leurs 73 accompagnants ont pu participer, les 08 et 09 novembre derniers. Cet événement, organisé par Worldskills Belgium permet d’expérimenter et de découvrir une diversité de métiers manuels, techniques et technoliguques.

Les associations partenaires de Story-me, qui ont co-construit ce projet dans une dynamique d’intelligence collective, sont aux commandes pour accompagner ce projet sur le terrain, en coordination avec chacune des écoles impliquées. Depuis septembre, un « carnet de bord » est mis à disposition des élèves, leur permettant de consigner leurs expériences (ateliers, contacts avec les métiers, projet, etc.) et apprentissages autour de leur projet personnel d’orientation. Enfin, une « boîte à outils » constituée de fiches pédagogiques est à disposition des équipés éducatives, pour les appuyer dans l’animation des classes. Malgré le contexte délicat, le projet se poursuit et rencontre des besoins confirmés sur le terrain, en respectant les consignes sanitaires en vigueur.

Story-Me : un projet d’école qui intègre les objectifs d’éducation orientante du Pacte

L’éducation orientante est un dispositif qui doit s’intégrer au parcours pédagogique dès les premières années du tronc commun (la première et deuxième primaire se lancent dès la rentrée 2022-23), en s’intégrant au coeur des apprentissages délivrés par les enseignants, comme le précise le Pacte pour un Enseignement d’Excellence.

En agissant dès aujourd’hui aux moments charnières du choix d’une option et de la transition, c’est-à-dire en 2ème et 3ème années du secondaire (à ce moment les élèves n’ont souvent pas encore affiné leur choix) dans 12 écoles qualifiantes à Bruxelles, Story-Me applique cette philosophie, au travers d’un programme concret articulé aux cours, destiné à mettre les enseignants en situation de porter hauts ces enjeux majeurs, et à accompagner des élèves dans la construction d’un projet de vie personnel.

Ainsi, Story-Me mobilise certaines des compétences-clés visées par les « visées transversales » des domaines de compétences 6,7 et 8 du Pacte, en accompagnant l’adoption des bonnes postures des professionnels de l’enseignement, et en aidant des élèves souvent fragilisés, suite à des échecs et/ou une orientation par défaut, à mieux se connaitre, à développer leur confiance en soi, à découvrir le monde professionnel (au-delà des options et métiers proposés dans leur environnement immédiat) et enfin à développer leur capacité à devenir acteur de leur parcours.

Ces enjeux ont été rappelés récemment, lors des « Assises de l’Orientation », organisées le 25 novembre dernier par la Fédération Wallonie-Bruxelles, rappelant à chacun la nécessité d’une approche éducative équitable de l’orientation, échappant aux déterminismes et aux choix sous influence, découlant de représentations diverses qui prévalent souvent chez les élèves et leurs parents, mais aussi chez les enseignants.

« Pour donner les meilleures chances à tous d’émancipation et d’intégration sociale, le travail de développement personnel et professionnel doit être intégré au sein des pratiques quotidiennes de l’école afin que chaque jeune, dès ses premières années de cours, entame une véritable construction de soi et de son parcours scolaire ».

En agissant déjà sur le terrain, Story-me entend aider dès aujourd’hui les équipes éducatives et les élèves, en attendant que les futurs élèves aient pu pleinement bénéficier du futur tronc commun polytechnique et pluridisciplinaire. Story-me est aussi une chambre d’apprentissage de bonnes pratiques dans la perspective de la mise en œuvre prochaine de ce tronc commun par les acteurs de l’école. Raison pour laquelle la Fondation pour l’Enseignement, qui met en oeuvre le projet Story-me grâce au soutien de philanthropes, partage les enseignements du projet avec ses parties prenantes (fédérations de pouvoirs organisateurs, des entreprises, fédération Wallonie Bruxelles) dans un groupe de travail consacré à l’orientation positive.

Story-Me en quelques mots

Story-Me un projet d’orientation structuré et ambitieux, lancé depuis septembre 2021 dans 12 écoles secondaires bruxelloises dotées d’un premier degré (1ère et 2e années) du Secondaire et d’un enseignement qualifiant à partir de la 3e année. Le projet s’installe pour trois ans dans chaque école, en veillant en priorité à la formation et l’accompagnement des enseignants, et en s’intégrant aux cours (cours généraux ou de pratiques professionnelles) afin d’installer durablement ces pratiques dans les écoles.

Le pari de Story-Me est de soutenir l’orientation positive des élèves à un moment charnière, en aidant chacun à construire son projet personnel, ... mais aussi de prévenir le décrochage scolaire, auquel les élèves des milieux socio-économiques moins favorisés, prédominants dans l’enseignement qualifiant, sont plus fortement exposés. Le projet se déroule au travers d’un parcours complet d’activités (entre 10 et 18h en classe) par année scolaire, en 2e et 3e secondaires. Années au cours desquelles les élèves répertorient pour eux-mêmes dans un cahier personnel leurs expériences et les enseignements qu’ils en tirent.

En 2e année, des animations en classe permettent aux élèves d’expérimenter de nombreux métiers, y compris en dehors des options proposées par leur école, afin de susciter chez eux une envie d’en savoir plus. Des activités inspirantes sont organisées, comme la participation aux Startech’s Days ce 09 novembre dernier. En 3e année, les jeunes sont incités à réfléchir à leurs forces, à leurs goûts, mais aussi de leur (re)donner confiance en eux… Des animations leur permettent de découvrir des métiers, par exemple sur la base de témoignages. En découle ensuite une mise en projet axée sur leur projet d’orientation personnel, qui clôture le parcours.

 

Table ronde « L’orientation tout au long de la vie, ça commence à l’école », le 09.11.2021

Les acteurs se parlent des bonnes pratiques, avec l’ambition de mieux articuler et coordonner leurs interventions au bénéfice des élèves ... Un échange riche et constructif, abordant notamment l’information sur les métiers et les STEM en soutien de l’orientation positive.

En association avec Worldskills Belgium, dans le cadre des Statech’s Days, la Fondation pour l’Enseignement organisait le mardi 9 novembre dernier, à Ciney, une table ronde intitulée « L’orientation tout au long de la vie, ça commence à l’école », devant une salle comble. Cette table ronde se déroulait à deux semaines des « Assises de l’Orientation » en Fédération Wallonie-Bruxelles, coup d’envoi de l’éducation orientante (l’approche éducative de l’orientation) insufflée dans le Pacte pour un Enseignement d’Excellence.

L’orientation positive est un des chevaux de bataille de la Fondation pour l’enseignement. Elle y travaille depuis 2 ans, avec un groupe de travail d’acteurs et de spécialistes issus des fédérations de pouvoirs organisateurs, des entreprises et de diverses institutions et associations. En point de mire : des propositions concrètes pour aider les professionnels de l’école à s’approprier cet enjeu, et des projets de terrain pour les incarner.

Les acteurs réunis dans cette table ronde pour l’occasion (voir les intervenants ci-après) estiment nécessaire d’exposer davantage les élèves du tronc commun aux différents métiers (entre autres STEM) et possibilités de carrière. Objectif : donner du sens, susciter des vocations et faire en sorte qu’un cursus, notamment dans les filières qualifiantes, relève d’un choix positif et non d’une relégation suite à une série d’échecs dans le parcours scolaire.

Les PRINCIPAUX ENSEIGNEMENTS tirés de la table ronde

  • L’orientation devra être intégrée aux matières/disciplines, et celles-ci reliées aux différents métiers, ce qui aura l’avantage de les rendre plus concrètes et donc plus accessibles à toutes les formes d’intelligences.
  • Les entreprises doivent davantage s’ouvrir à des interactions avec l’école, afin de favoriser l’orientation in situ dès le plus jeune âge.
  • L’orientation est un métier auquel les enseignants devront être formés, ne fut-ce que pour affiner leurs représentations personnelles des métiers et des filières qui y mènent.
  • Dans leur tâche d’orientation, les enseignants pourront s’appuyer sur des structures professionnelles, comme les Cités des métiers ou le Forem, outre la collaboration étroite avec les Centres Psycho Médico Sociaux (CPMS) et les centres de compétences.
  • L’École ne doit pas se limiter à améliorer sa connaissance des métiers, mais doit passer à une « culture des métiers », afin de mettre un terme à celle de la relégation.
  • L’orientation positive va étroitement de pair avec la nécessité d’entretenir la confiance en soi de l’élève. Il faut pouvoir construire sur l’échec aussi, comme des moments-clés d’orientation, mais abordés de manière positive.
  • La dimension de plaisir doit être particulièrement associée à la découverte des métiers.
  • Il convient à présent de mettre un terme à la dispersion des actions, des moyens et des expériences au profit d’une stratégie globale coordonnée.
  • La sensibilisation aux métiers et l’approche orientante devraient commencer bien plus tôt qu’actuellement dans le parcours scolaire. C’est prévu dans le Pacte.
  • Il est important de combattre les représentations des métiers au niveau de la société en général et des parents en particulier.

 

TABLE RONDE : LIENS VERS LES PRINCIPAUX ECHANGES


STEM : surtout des garçons pour lesquels le poids des variables socio démographiques et le sentiment vis-à-vis de l’effort scolaire et des sciences sont déterminants...

Les échanges ont été introduits par la présentation d’une étude récente menée par le Forem et l’Université catholique de Louvain (UCL) sur Les déterminants de l’attrait pour les études et les métiers scientifiques et techniques chez les 12-15 ans. Concrètement, le but de cette étude est de comprendre pourquoi les jeunes sont si peu nombreux à aller vers les métiers STEM (science, technology, engineering, mathematics). Ce qui revient à identifier les éléments qui ont été déterminants chez ceux qui ont choisi un de ces métiers.

L’étude montre que, de manière générale, ce sont davantage les garçons qui se dirigent vers des métiers STEM, tant manuels qu’intellectuels. Lorsqu’on examine ensuite les caractéristiques des jeunes ayant choisi un métier STEM manuel, les autres critères sont le plus faible investissement scolaire, le sentiment de compétences insuffisantes en math-sciences et, malgré cela, une vision positive des sciences. Ce qui caractérise les jeunes qui ont choisi un métier STEM intellectuel, c’est qu’ils ont plus souvent des parents qui ont fait des études supérieures, qu’ils s’estiment forts en math-sciences, qu’ils ont une vision positive des sciences et… qu’ils sont influencés dans ce sens par leur entourage. L’étude pointe également que les variables socio démographiques (genre, filière d’enseignement, niveau d’études des parents...) ont un poids largement supérieur aux variables liées aux attitudes. Les représentations à déconstruire ne manquent pas...

Pour une stratégie globale et articulée

« Par rapport à ces résultats, nous avons suggéré un certain nombre de recommandations, poursuit Paul De Sacco, expert en relation partenariale du Forem. Sur la question du genre, des études montrent que les jeunes filles plébiscitent davantage les fonctions qui leur permettent d’agir sur la société. Donc, si on veut davantage les inciter à aller vers les métiers STEM, il faut leur montrer la contribution sociétale de ces métiers-là. Il serait utile d’organiser des rencontres avec des professionnels qui mettent cette contribution sociétale en valeur. Il est souhaitable que les entreprises puissent également promouvoir et valoriser davantage le travail collectif et la coopération. »

D’autres recommandations portent sur la valorisation des compétences STEM à l’école, sur les représentations des métiers STEM dans le chef des parents et sur la nécessité de pratiquer une orientation continue pendant toute la scolarité.

« Ce qui nous a semblé vraiment important », conclut Paul De Sacco, « c’est que pour améliorer l’orientation vers les études et les métiers STEM, il faudra définir une stratégie articulée. Agir sur un des points de manière isolée ne servira pas à grand-chose pour avoir un impact réel sur la perception des métiers STEM par les jeunes ».

Le Forem, service public de l’emploi, acteurs et partenaire

Paul De Sacco rappelle que l’orientation est un dossier prioritaire pour le Forem, qui participe activement au déploiement du dispositif « Orientation tout au long de la vie ». Au sein des Cefo et demain des Cités des métiers, il se profile depuis plusieurs années comme un partenaire de l’enseignement notamment par rapport à des projets concrets comme les « Métiers vont à l’école » au sein de Cefo, activité qui en 4 ans a concerné près de 47 000 élèves. Il est aussi partenaire des entreprises en matière d’orientation et participe activement au plan STEAM dans le cadre du PRW. Enfin, un rôle important mais méconnu est le partage d’informations, le transfert de connaissances et la réalisation d’études, disponibles sur le site du Forem.

Les entreprises prêtes à s’impliquer dans l’orientation aux côtés de l’école

Pour Olivier de Wasseige, administrateur délégué de l’Union wallonne des entreprises, le défi que représente la mise en place de l’orientation positive est à la hauteur du constat « aberrant » qu’il déplore : « Il y a en Wallonie 36 000 emplois vacants et 126 métiers en pénurie. Des chiffres qui ne font qu’augmenter. Et sur les dix filières d’enseignement les plus fréquentées, seules trois mènent à des métiers en pénurie… ». Pour lui, l’orientation positive est trop peu pratiquée dans l’enseignement, et il est urgent d’y remédier, entre autres pour que les filières qualifiantes ne soient plus des filière de relégation, mais des filières d’excellence.

Marquant une certaine crispation par rapport à cette situation et par rapport à la dispersion des moyens publics en la matière, il pointe aussi l’absence de volonté de beaucoup d’enseignants de pratiquer l’orientation et l’information sur les métiers, probablement en raison de leur perception du monde de l’entreprise. Pour y remédier, et créer un terrain favorable, il en appelle à une collaboration plus étroite entre l’École et l’Entreprise.

« L’Entreprise peut jouer un rôle plus important qu’elle ne le fait aujourd’hui », poursuit-il. « D’une part, cela implique pour l’entreprise de se déplacer dans l’école. Il existe de nombreuses initiatives à ce niveau. Je préside l’asbl 100 000 entrepreneurs dont les membres sont prêts à aller dans les classes pour expliquer les métiers, les carrières et communiquer le goût d’entreprendre. Mais entrer dans l’École, c’est difficile… D’autre part, cela implique d’amener et les profs et les élèves dans les entreprises. Et là, l’Entreprise aussi a sa part de responsabilité pour mieux accueillir les stages et les journées blanches. Elle a tendance aujourd’hui à n’intervenir qu’en accueillant les stages de fin de cursus, dans une optique de recrutement. Mais elle a aussi un rôle sociétal à jouer dans l’orientation in situ, dès le plus jeune âge. »

Et de conclure : « Aujourd’hui, les jeunes veulent du sens dans leurs études. Ils veulent comprendre à quoi sert ce qu’on leur fait apprendre. Et il faut l’appliquer. Dans toute l’Europe, y compris en Flandre, chaque matière est appliquée à un métier. Par exemple, la trigonométrie au carrelage. En Wallonie, il n’y a qu’une école pilote qui le fait. Ça fait 10 ans que nous le demandons. Il faut passer à l’action ! »

Centres PMS : combattre les représentations

Autres acteurs importants de l’orientation : les centres psycho-médico-sociaux (PMS). Du moins actuellement, car les nouvelles dispositions en matière d’information sur les métiers devraient déboucher sur un transfert de ces compétences vers d’autres acteurs plus spécifiquement. Néanmoins, les CPMS resteront un acteur-clé de l’orientation, aux côtés des enseignants. Actuellement, au cours de l’enseignement secondaire, tout élève a plusieurs rendez-vous d’orientation au centre PMS, toujours dans le cadre d’activités collectives, qui peuvent, le cas échéant, déboucher sur un entretien avec un psychologue et une discussion avec les parents.

Marie-France Boileau, conseillère à la direction générale du Pilotage des affaires pédagogiques de Wallonie-Bruxelles Enseignement : « En 2e année, il s’agit de permettre à l’élève de découvrir ses goûts, ses valeurs, et de confronter ses représentations des métiers (généralement héritées de son milieu familial) avec la réalité. En 4e année, l’objectif est de permettre à l’élève de découvrir les filières d’enseignement et les métiers auxquels elles conduisent. Et en 6ème, on envisage les suites à donner à la scolarité. »

Marie-France Boileau insiste sur la nécessité de « rectifier les représentations que chaque intervenant peut avoir des filières et des métiers, que ce soit l’élève, ses parents, ses professeurs et même ses conseillers d’orientation. D’où la nécessité de développer une stratégie d’orientation concertée, pour que tous les intervenants agissent dans la même direction ».

Dans cette perspective, elle se réjouit du rôle accru que les enseignants devront jouer dans l’orientation : « Le professeur doit être bien informé de la réalité des métiers, car son rôle ne peut pas se limiter à constater la bonne évolution des apprentissages. Il doit aussi valoriser certaines situations d’échec. Celles-ci gagneraient à être investies comme des opportunités de s’interroger avec l’élève sur ses choix et son parcours. »

Dès lors, que faire pour étendre la culture « métiers » des enseignants ? Il existe de nombreuses formations. Il existe également des possibilités de s’immerger en entreprise, comme les stages Entr’apprendre de la Fondation pour l’enseignement, qu’il serait sans doute judicieux d’étendre et d’adapter à tous les enseignants du tronc commun avec une formule adaptée à ce défi de l’orientation pendant le tronc commun...

« Approche orientante » : tous les cours sont concernés

Voilà plus de 10 ans que Valérie Baesch, inspectrice coordinatrice Enseignement de la province de Liège, travaille sur l’orientation positive. C’est dans le cadre de cette réflexion qu'avec ses collègues, elle a créé le « Techni-Truck », un camion débordant d’animations, dont l’objectif est de présenter des métiers et leurs filières aux élèves sortant du primaire. Une expérience encourageante qui a ensuite été transposée aux élèves sortant du secondaire, sous le dôme de la « Technosphère ».

« Faire des animations dynamiques, c’est très sympa ; cela plaît aux élèves, cela plaît parfois aux profs, mais notre impression, c’est que nous ne pouvons pas nous arrêter là », explique Valérie Baesch. « Pour engendrer un véritable processus de sensibilisation aux métiers STEM, il faut agir à travers l’ensemble des cours. C’est ainsi que dans la Technosphère, à côté des animations, nous proposons aux enseignants une boîte à outils de sensibilisation aux métiers STEM, utilisable dans le cadre de tous les cours de l’enseignement secondaire, y compris le cours de français, par exemple. Et pour prolonger cette initiative, nous avons développé des manuels d’approche orientante avec l’université de Mons, des manuels à l’attention des professeurs de français, d’histoire et de math. »

Forte de ce bagage, Valerie Baesch est évidemment favorable au futur rôle orientant du tronc commun. « Cependant, pour pouvoir faire de la sensibilisation aux métiers dont les STEM, les enseignants ne pourront pas faire fi de la connaissance de ces métiers », poursuit-elle. « Car il faut que cette découverte polytechnique devienne vraiment culturelle. Voyez les parents qui doivent amener leur enfant dans l’enseignement qualifiant : ils n’arrivent pas souvent en disant que ça va être chouette ! Il y a toute une culture de relégation que nous devons combattre pour montrer qu’on peut avoir un enseignement qualifiant d’excellence.»

Réunir et coordonner les acteurs

Michel Gérard, responsable du secteur Bois et Construction au Fesec-Segec (Fédération de l’Enseignement Secondaire Catholique), attend beaucoup de la mise en place de l’orientation positive dans le tronc commun. « Nous avons un grand espoir en ce dispositif, poursuit-il. Mais il faut que les enseignants soient formés à l’orientation vers ces différents métiers par la découvertes des matières, des gestes, mais aussi des intelligences, des sensibilités. Pour les soutenir, beaucoup d’acteurs interviennent pour proposer des animations dans les écoles. Mais à mon sens, il faudrait que ces acteurs se réunissent pour proposer un un parcours visant plusieurs disciplines/secteurs, et non pas, comme actuellement, chacun une action ponctuelle ciblée. »

Il voit aussi un obstacle de taille à l’orientation positive des élèves : « Travailler sur la connaissance des métiers avec les jeunes, je pense que ce ne sera pas difficile. Mais avec les parents, ce sera une gageure. Là, il y a vraiment quelque chose à faire, mais ensemble, pas chacun dans son coin. Il faut aussi agir efficacement vers la société en général. Je sais que le secteur de la construction par exemple développe actuellement une action dans ce sens. Mais il faut aller au-delà d’une approche sectorielle. Tous les secteurs doivent agir ensemble. Il est temps ! »

Autre constat d’expérience, la nécessité d’agir très tôt dans la scolarité. Actuellement, c’est souvent à l’entame du parcours qualifiant que l’on expose l’élève à différentes filières de formation. C’est dans cette perspective que la 3e année « polyvalente » a récemment été mise en place, pour pallier le manque d’orientation au cours des années précédentes. « Il s’agit de déceler chez l’élève, de l’intérêt, des aptitudes et habiletés utiles à l’exercice d’un métier », poursuit Michel Gérard. « Pour faciliter cette orientation, il y a dans ce dispositif, un module basé entre autres sur l’éducation au choix, ce qui implique également un renoncement. Mais je plaide vraiment pour que ce type d’activités se fasse bien plus tôt dans la scolarité du jeune, pour mieux nourrir la réflexion qui doit l’amener à faire ces choix importants. »

Notons au passage que dans le futur tronc commun, à l’issue d’un parcours d’éducation orientante jusqu’en fin de 3e année secondaire, débutera un éventuel parcours qualifiant.

Story-me : un exemple de projet structurant pour l’orientation positive

Laurence Lievens, directrice de Step2You, a présenté le projet Story-me. C’est un projet d’orientation structuré et ambitieux, actuellement en cours en région bruxelloise, dans 12 écoles secondaires dotées d’un premier degré (1ère et 2e années) du Secondaire et d’un enseignement qualifiant à partir de la 3e année, visant à soutenir maintenant les élèves qui ne bénéficieront pas encore d’une éducation orientante pendant le tronc commun.

En effet les premiers élèves qui auront bénéficié des nouveaux référentiels (dont l’orientation fera partie intégrante) dans leur parcours ne sortiront du tronc commun qu’en 2029. Le projet Story-me vise à développer plusieurs compétences transversales (connaissance de soi, confiance en soi, connaissance du monde professionnel, mise en projet) au travers d’un parcours d’activités articulées mis en place dans les classes. Le projet, qui rassemble toutes les catégories d’acteurs-clés, est une chambre d’expérimentation et d’apprentissage pour de futurs projets structurants en soutien de l’éducation orientante dans les écoles.

Ce projet s’installe pour trois ans dans chaque école, intégré au plan de pilotage, en veillant en priorité la formation et l’accompagnement des enseignants, afin d’installer durablement ses bonnes pratiques dans les écoles. Le pari de Story-Me est de soutenir l’orientation positive à un moment charnière (N.B : le Pacte vise à le faire tout au long du tronc commun), mais aussi de prévenir le décrochage scolaire, auquel les élèves des milieux socio-économiques moins favorisés, prédominants dans l’enseignement qualifiant, sont plus fortement exposés.

Le projet se déroule sur deux années scolaires, la 2e et la 3e secondaires, et touche plus de 1300 jeunes en 2021-2022. Années au cours desquelles les élèves répertorient pour eux-mêmes dans un cahier personnel leurs expériences et les enseignements qu’ils en tirent.

En 2e année, des animations en classe permettent aux élèves de découvrir et d’expérimenter de nombreux métiers, y compris en dehors des options proposées par leur école, afin de susciter chez eux l’envie d’en savoir plus. Des activités inspirantes sont organisées, comme la participation aux Startech’s Days ces 08 et 09 novembre derniers.

En 3e année, il s’agit d’inciter les jeunes à réfléchir à qui ils sont, à leurs forces, à leurs goûts, mais aussi de leur (re)donner confiance en eux… Des animations leur permettent de découvrir des métiers, par exemple sur la base de témoignages. En découle ensuite une mise en projet axée sur leur projet d’orientation personnel, qui clôture le projet.

« La première spécificité de Story-me, c’est l’intelligence collective. Le programme est en effet construit et opérationnalisé par huit associations aux expertises complémentaires, dont Step2You, et soutenu par six acteurs philanthropiques.. « Ces associations travaillent depuis longtemps avec les écoles », explique Laurence Lievens. « Cette co-construction n’est pas pour autant une addition d’acteurs, c’est bien plus systémique que ça. La deuxième spécificité, c’est que parallèlement aux activités mises en place en classe pour les élèves, il y a une formation des enseignants avec lesquels nous travaillons la posture à adopter pour accompagner les élèves dans l’orientation. Et la troisième spécificité, c’est que Story-me est un projet d’école (identifié comme un levier dans le plan de pilotage), pas d’une seule classe ou d’un seul enseignant. C’est l’école qui se met en mouvement autour de l’orientation sur certaines de ses filières.»

Un des enjeux fondamentauxest de permettre au jeune de s’abstraire des représentations de ses milieux familial et socioéconomique pour créer une ouverture à ses envies et à sa curiosité. « Quels sont les messages que la société véhicule vers ces jeunes de 12-13 ans souvent blessés par l’École qui n’a pas su valoriser leurs habiletés », poursuit Laurence Lievens ? « Comment se projettent-ils ? Comment parviennent-ils à avoir envie ? Est-ce que notre société donne envie aux jeunes d’avoir des projets de vie ? Est-ce qu’on leur permet d’avoir confiance en l’avenir ? Est-ce que nous-mêmes avons confiance en l’avenir, en nous, en eux ? Je pense qu’il y a un gros souci de confiance. »

Les Cités des métiers, en appui à l’enseignement

Olivier Marchal, directeur de la Cité des métiers de Charleroi, commence par retracer l’historique de l’orientation scolaire en Belgique francophone, pour en arriver à ce qu’il présente comme un cul-de-sac : « Nous avons de l’orientation en silos, avec des orienteurs qui orientent par âge, avec des logiques de réseaux, des logiques de flux, parce que c’est comme ça que le système est financé. Et donc, les jeunes, qui en plus sont fragiles et influençables (positivement comme négativement), sont devenus au fil du temps les objets de l’orientation plutôt que les sujets de leur orientation. » Un constat sans appel.

C’est dans ce contexte en demi-teinte qu’il place la création des Cités des métiers en tant qu’opérateurs d’une alternative positive au système actuellement en vigueur, entre-autres grâce aux équipes de conseillers en orientation à la disposition des élèves. « Et tout ça en dehors du cadre scolaire dans lequel le jeune est plus ou moins enchâssé par tous les déterminants que nous connaissons. Ce sont quatre lieux en dehors du temps – Bruxelles, Liège, Charleroi et Namur – neuf centres locaux associés, sur lesquels l’enseignement va pouvoir s’appuyer. » En plus de ces lieux physiques, les élèves peuvent se connecter à la plateforme « miti.be » et chatter avec un des 130 conseillers, un échange qui peut déboucher sur un entretien d’orientation en visioconférence.

Olivier Marchal présente les Cités des métiers comme la structure institutionnelle qui soutiendra le volet orientation du Pacte d’excellence : « Ce qui est important, c’est de définir comment le monde scolaire va pouvoir s’appuyer sur les Cités des métiers pour aiguiller et alimenter les profs. Car ceux-ci sont d’abord des enseignants et pas des orienteurs. Très souvent, lorsqu’ils orientent, ils le font avec des représentations, des présupposés, ce qui est tout à fait légitime quand on n’est pas compétent dans l’orientation. Mais on ne peut pas être compétent en tout. »

Les centres de compétences : allier découverte et plaisir

Autre exemple d’exposition aux métiers et aux STEM : les ateliers organisés par les centres de compétences. Ainsi, les « Technikids » et « Techniteens », du centre de compétence liégeois Technifutur, dont Thierry Castagne est administrateur délégué, en plus d’autres responsabilités complémentaires dont la présidence de la Fondation pour l’Enseignement depuis 2019.

Soutenu depuis toujours par le secteur de l’industrie technologique (Agoria et partenaires sociaux), les Technikids et Techniteens existent depuis 22 ans et peuvent s’enorgueillir d’avoir établi une relation durable et de confiance avec les 139 écoles qui les ont inscrits à leur programme depuis de longues années. Cette activité s’adresse aux élèves de 5e et 6e primaire ainsi que de 1ère et 2e secondaire, pour toucher annuellement entre 5.000 et 7.000 jeunes. Ces ateliers sont axés sur les métiers de l’industrie et du numérique. Ils sont mobilisables pour les écoles dans leurs efforts de soutien à l’orientation, et d’ailleurs largement utilisés à cette fin.

« Nous allions activité pédagogique avec approche ludique, mise en pratique et coopération (très important !) », explique Thierry Castagne. « Et ils s’amusent ! La 1ère partie de la journée, c’est une activité numérique : ils doivent construire un petit robot et le programmer ensemble ; et à la fin de la matinée, ils doivent faire effectuer un parcours au robot, avec la nécessité de se coordonner en équipes. Puis, pour l’autre partie de la journée, les groupes passent à une activité industrielle, autour du tournage, du soudage, de l’usinage, de l’électromécanique, en réalisant une petite mascotte, avec de l’impression 3D ainsi qu’en usinant un cylindre métallique. Ils ont pris du plaisir, et ils ont appliqué des apprentissages liés e.a. aux math et à la physique. L’activité se termine par une visite de Technifutur, avec la découverte des technologies « en vrai » et des métiers en lien avec la sensibilisation qu’ils ont vécue. »

Pour que l’activité entre dans la réflexion de l’élève sur son orientation, il est évidemment essentiel de dépasser le stade de l’activité-plaisir, aussi innovante soit-elle. « Les trois acteurs qui ont le plus grand impact au niveau de l’orientation,, ce sont les enseignants, les parents et les copains-copines, tous susceptibles de véhiculer une série de représentations positives ou négatives. Et donc, à nos ateliers Technikids et Techniteens, lors des activités durant nos stages de vacances scolaires, nous associons une activité Techniparents. Les élèves expliquent à leurs parents ce qu’ils ont vécu. C’est important. De même que l’implication de l’enseignant. Impliquer les parents et les enseignants dans ces processus d’éducation orientante, c’est fondamental, sinon, c’est simplement une journée d’excursion quelque part à l’extérieur de l’école. »

 

Conférence et table ronde « L’orientation tout au long de la vie, cela commence à l’école ! » - Startech Days - 09.11.2021 - 10:00-11:30 – Ciney

L’information et l’attrait pour les métiers, articulés aux objectifs d’éducation orientante est un enjeu essentiel de la réforme en cours de notre enseignement, qui concerne tous les enfants dès le début du tronc commun. Les acteurs s’expriment au sujet de leur contribution à ces enjeux, dans une table ronde animée par la FPE.

 

« ENTR’APPRENDRE », une expérience d'immersion unique pour les enseignants de l'enseignement qualifiant

Les formations continues « Entr’apprendre », plus que jamais au service de l’innovation dans l’enseignement qualifiant.

Entr’Apprendre a déjà permis depuis 2014 à plus de 400 enseignants d’étendre leurs compétences et connaissances aux métiers tels qu’ils se pratiquent en entreprise. Cette forme immersive de formation continue poursuit son engagement pour offrir aux pédagogues (chefs d’atelier, enseignants des cours généraux et techniques, coordinateurs Cefa, conseillers pédagogiques) une découverte de l’entreprise telle qu’elle se présentera aux élèves en stage, en alternance ou à l’emploi.

En 2 jours d’immersion1 dans l’une de nos 30 entreprises partenaires, Entr’apprendre donne aux enseignants l’occasion de (re)vivre ce qui les fait vibrer dans la matière enseignée, et (re)découvrir le métier en situation réelle.

Une formation « triale » pour renforcer les immersions et ouvrir davantage le champ des possibles

Aucune entreprise ne dispose de tous les outils liés à un métiers. C’est pourquoi depuis 1 an, une partie de l’offre Entr’Apprendre s’organise dans une combinaison « triale » Enseignement – Entreprise – Centre de formation, permettant de compléter l’immersion en entreprise par une mise en contact avec les technologies derniers cris.

Le centre de gravité reste cependant bien l’immersion en entreprise et l’accueil en centre de formation fait partie intégrante de la formation, sans besoin d’une inscription spécifique.

Objectif ? Offrir aux enseignants une ouverture sur les enjeux, innovations et pratiques stratégiques au sein du secteur dans lequel l’entreprise choisie évolue, dans un cadre de formation technique de pointe (CTA ou CDC selon le cas). La matinée est assurée soit par des formateurs du centre de formation, soit par des formateurs sectoriels.

Ainsi, la première ½ journée d’immersion Entr’Apprendre se fait au sein d’un centre de formation (Centre de Technologies Avancées ou Centre de Compétences), en collaboration avec le secteur professionnel. Cette formule est accessible pour les stages organisés chez Engie, SOLAREC, Hesbaye Frost, SAFRAN, PRAYON, Lutosa, Cerfontaine, Jean Del’Cour, Iscal Sugar.

Entr’Apprendre 2021-22 ce sont :

16 métiers

6 secteurs – Construction – sciences appliquées – économie – hôtellerie/Alimentation – industrie – Agronomie

58 sessions de formation

18 entreprises

Une articulation avec les enjeux de chaque établissement

Le programme Entr’Apprendre ambitionne de s’articuler au mieux avec les objectifs de chaque enseignants au sein de son école, et donc avec son plan de formation, en lien avec le plan de pilotage/contrat d’objectifs, pour contribuer à renforcer les établissements scolaires techniques et professionnels en participant au développement personnel des équipes éducatives.

C’est aussi la raison pour laquelle on encourage la participation des enseignants de cours généraux, idéalement avec leurs collègues des cours pratiques, pour renforcer le sens des apprentissages et l’interdisciplinarité, au bénéfice des élèves.

Le programme de formation vise aussi à accompagner au mieux les écoles, lors de l’ouverture et/ou de la modification des options (options de base groupées), en étroite collaboration avec les conseillers pédagogiques disciplinaires, en formant les enseignants aux nouvelles options.

Par ailleurs, le programme Entr’apprendre permet aux enseignants en stage d’accéder aux informations les plus récentes concernant l’évolution des métiers. Une attention particulière sera ainsi donnée dans l’avenir aux transitions énergétique/écologique, numérique et sociale liée aux métiers, qui sont des accents forts dans les plans de relance.

Entr’apprendre renforce aussi les parcours métiers innovants initiés par la FPE et ses partenaires.

 

La valeur ajoutée d’Entr’Apprendre

Nouer des liens de confiance en préparation des stages des élèves

Connaître l’évolution du métier en entreprise et l’émergence de nouveaux besoins

Découvrir les techniques les plus récentes dans leur diversité, et appliquées aux métiers

Favoriser la connaissance de l’entreprise, tels que la sécurité ou l’organisation du travail

Donner plus de sens aux apprentissages à l’école : ancrage des cours généraux et pratiques

 

Bon à savoir ! L’offre Entr’Apprendre peut être étendue aux entreprises avec lesquelles l’école collabore déjà. N’hésitez pas à envoyer une demande à jeny.clavareau@fondation-enseignement.be Par ailleurs, la participation à un stage est valorisable dans les quotas de formation continuée des enseignants.

Comment faire pour vous inscrire ? Il suffit de consulter le catalogue http://www.ifc.cfwb.be/documents/multi/entrapprendre/EA-Catalogue.pdf ainsi que le site www.entrapprendre.be qui présente en détail les fiches-entreprise. Les enseignants doivent ensuite obtenir l’accord de leur direction, et s’inscrire via le site de l’IFC.

 


1 Programme accrédité par l’IFC, avec Cecafoc/FCC-Forcar : préparation en distanciel via un module en ligne (IFC), 2 jours d’immersion, et suivi ½ journée à 1 jour avec Cecafoc/Forcar.