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Un réseau d'associations pour faire grandir les initiatives au bénéfice de l’enseignement en Belgique

Il existe de nombreuses initiatives en marge des systèmes éducatifs. Celles-ci manquent souvent de ressources et gagnent à être accompagnées et coordonnées pour mieux répondre encore aux besoins du terrain. C’est de ce constat qu’est née Be Education.

Be Education, 27 organisations engagées pour l’éducation

Dépasser la crise : résilience et innovation

Une crise sans précédent… mais une résilience à la hauteur des défis

Notre système scolaire, comme l’ensemble de notre société, a subi un « stress test » d’envergure cette année. Mais notre système scolaire fait preuve d’une belle résilience pour surmonter la crise et s’adapter à une nouvelle réalité.

Notre système scolaire, comme l’ensemble de notre société, a subi un « stress test »* d’envergure cette année. Certains élèves ont été coupés de l’école durant 5 mois, avec les risques de conséquences que l’on peut imaginer pour la poursuite de leur parcours, les enseignants ont vu leur programme suspendu, et les directions d’établissement devoir prendre à bras le corps la mise en application des mesures sanitaires, le maintien du contact avec les parents et la préparation d’une rentrée scolaire tout à fait inédite.

Notre enseignement a-t-il réussi ? Sans aucun doute, il nous apparaît que celui-ci a non seulement fait preuve de résilience, mais que chaque corps de métier qui fait vivre l’enseignement, du personnel ouvrier à la direction, en passant par les éducateur.trice.s, PMS, enseignant.e.s, accompagnateur.trice.s, chargé.e.s de mission,… a été amené à mobiliser ses capacités d’adaptation et à développer de nouvelles compétences pour faire face.

Des réponses innovantes aux défis

L’éducation au et par le numérique, la différenciation, l’innovation et la solidarité sont passés au premier plan. A l’heure où le monde économique appelle à une revalorisation des compétences et à un virage numérique en phase avec l’évolution des métiers, la réponse donnée par l’enseignement ne peut être qu’encourageante pour l’avenir des élèves. Oui, notre enseignement peut traverser les crises et mieux encore, s’adapter pour avancer.

Poursuivre les efforts et soutenir la dynamique d’innovation qui s’est installée est déterminant. La Fondation pour l’Enseignement a d’ailleurs durant cette crise poursuivi ses travaux relatifs à l’orientation positive des élèves, à l’enseignement école-entreprise et à la mobilité professionnelle en réponse à la pénurie d’enseignants. Cette lettre d’informations revient d’ailleurs sur ce dernier dossier et des contacts se poursuivent pour susciter des approches innovantes et concertées, à même de compléter les mesures volontaristes prises par le Gouvernement en juin 2020.

Les travaux, qui réunissent les acteurs-clé de l’enseignement (réseaux, administration, Chantiers du Pacte pour un enseignement d’Excellence) et de l’entreprise (fédérations sectorielles, fédérations d’entreprises wallonne et bruxelloise), devraient aboutir dans les prochains mois à des propositions constructives pour soutenir la réforme de l’enseignement.

Les projets de terrain soutenus ou organisés par la Fondation ont également intégré ce nouveau contexte. C’est le cas des rentrées numériques pour l’éducation, menées par l'asbl EducIT, qui cette année vont permettre à un nombre croissant d’écoles d’accélérer leur transformation digitale de manière cohérente (Cf. article Rentrées numériques pour l’Education ci-après), mais aussi de mettre à disposition de tous les acteurs l’expérience et l'expertise construite pendant près de deux ans.

Entr’Apprendre s'adapte et expérimentera un dispositif pilote « trial », faisant entrer dans la formation continuée proposée aux enseignants en entreprise les Centres de Technologie Avancée et Centres de Compétences volontaires (cfr article Entr’apprendre).

Nous espérons pérenniser le dispositif d’accompagnement au développement des compétences à s’entreprendre  et à l’orientation positive, Story-Me, mené avec succès pendant 3 ans à Bruxelles. Ce projet agissant notamment en prévention du décrochage scolaire sera recentré sur les moments-clés de l’orientation pour accompagner les jeunes au début de leur parcours dans l’enseignement qualifiant (fin du 1er et 2ème degrés de l’enseignement secondaire). Nous mettons tout en œuvre pour que sa nouvelle mouture puisse être proposée aux établissements scolaires bruxellois en 2021, grâce au soutien des fondations partenaires.

Last but least, la dynamique du Pacte se poursuit, comme l’a souligné la Ministre de l’Education C. Désir ces dernières semaines, et la trajectoire des réformes est jusqu'à présent respectée malgré la crise, à commencer par l’entrée en vigueur des nouveaux référentiels de compétences en maternelles en septembre 2020 ! Nous soutenons ce processus, et restons très à l’écoute ces prochains mois et années.

Des défis importants sont devant nous, notamment pour notre enseignement qualifiant.

A tous et à toutes, bonne rentrée !

Thierry Castagne,
Président

Olivier Remels,
Administrateur délégué et Secrétaire général

 


* Les « stress tests » sont des techniques employées en finance, médecine, sciences, … pour vérifier la capacité d’un organisme ou d’une organisation à supporter un incident majeur et à tenir bon. Il peut avoir été endommagé, si sa capacité de résilience lui permet de continuer à fonctionner, alors le test est réussi.

DOSSIER : Contrer les pénuries d’enseignants en améliorant la mobilité professionnelle vers l’enseignement

Au-delà des mesures positives prises par le Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles en juin 2020, la Fondation pour l’Enseignement propose d’attirer aussi des talents et faciliter leur intégration dans l’enseignement, tout en veillant à l’acquisition des compétences pédagogiques.

  1. Rappel des constats
  2. Les pistes proposées à la discussion
  3. Témoignages d’acteurs du terrain

A. La Fondation pour l’Enseignement fait plusieurs constats

La pénurie d’enseignants a privé les élèves de 2 heures de cours par semaine (allant jusqu’à une perte de 6 semaines de cours par an) en 2019[1]. 1 élève sur 5 serait confronté à un problème d’absence d’enseignants pour cause structurelle[2]. On évalue en 2018-2019 le déficit structurel à plus de 1200 ETP enseignants[3]. Cette problématique structurelle, qui touche de nombreux pays européens, pose la question de l’adaptation ou non des carrières de l’enseignement aux réalités des parcours professionnels d’aujourd’hui, mais également celle de l’attractivité de l’enseignement.

Des mesures internes au système éducatif ont été mises en place pour agir sur l’attractivité du métier (par ex., « pourquoipasprof.be ») et réduire le taux important de décrochage des jeunes enseignants (1 sur 5 quitte le métier dans la première année, plus d’1 sur 3 dans les 5 ans). Fin juin 2020, le Gouvernement de la Fédération Wallonie Bruxelles et la Ministre de l’Education ont a pris une série de très bonnes initiatives visant à améliorer la mobilité intra-enseignement, que l’on salue.  

Premier constat: le cloisonnement des carrières ne correspond plus ni aux attentes des entreprises, ni à celles des nouvelles générations d’enseignants[4] et n’offre pas aux élèves de vue sur les dynamiques des parcours professionnels d’aujourd’hui.

Second constat: des travailleurs de l’entreprise manifestent leur intérêt pour une reconversion professionnelle positive dans l’enseignement, seraient intéressés par une occupation mixte, à temps partiel dans l’entreprise et dans l’enseignement, à titre temporaire ou à long terme. Des travailleurs sont aussi dans des parcours de transition menant au départ de l’entreprise, notamment lorsque la mobilité en interne s’avère impossible.

Troisième constat: l’enseignement exprime au travers du Pacte pour un Enseignement d’Excellence une double volonté : d’une part une évolution des métiers et des pratiques professionnelle dans l’enseignement et, d’autre part, une ouverture accrue vers le monde du travail, notamment pour renforcer les liens entre l’enseignement et l’emploi[5]. Ces deux éléments justifient d’autant plus la pertinence des carrières mixtes.

B. Réfléchir à des solutions ouvertes sur le monde du travail dans son ensemble

D’emblée, précisons -contrairement à ce que d’aucuns ont pu affirmer au moment de la publication de ces propositions en juin 2020-  qu’il ne s’agit aucunement de « brader le métier » en intégrant dans l’enseignement des personnes ne disposant pas de compétences pédagogiques acquises ou en cours d’acquisition. Bien au contraire.

1. Renforcer l’attractivité du métier et de la carrière de d’enseignant. Pour cela, il est nécessaire de:

  1. Rendre ses lettres de noblesses au métier d’enseignant en restaurant une image correcte de celui-ci, mieux valoriser les compétences que l’enseignant développe et mobilise dans son métier, auprès du grand public et de l’entreprise : enseigner est un métier exigeant, alliant des compétences disciplinaires, pédagogiques, interpersonnelles, autonomie, assertivité, … qui sont d’ailleurs aussi autant de compétences prisées pour des reconversions professionnelles de l’enseignement vers l’entreprise.
  2. Reconnaître l’ancienneté acquise en entreprise, en alignant celle-ci pour toutes les disciplines, niveaux et types d’enseignement à 15 ans, dès lors que les titres pédagogiques sont acquis ou en cours d’acquisition. Actuellement, seules 10 années d’expérience utile sont reconnues, pour les enseignants de cours techniques et de pratique professionnelle uniquement, et dans le cadre d’une procédure administrative assez lourde.
  3. Stabiliser les travailleurs et les équipes, d’une part en assouplissant le Décret « Titres et Fonctions »[6]. Dans des situations de fortes pénuries, en concertation avec les acteurs, diminuer significativement voire supprimer la hiérarchie entre titres « requis » et «suffisants » (les propositions de réformes du Gouvernement et du parlement de la FWB prises récemment vont dans ce sens) et, d’autre part, donner aux pouvoirs organisateurs une marge de manœuvre plus importante pour reconduire (et nommer) un enseignant (dont le titre suffisant ou en pénurie a été accepté lors de son entrée en fonction) suivant une expérience probante sur le terrain.

2. Encourager et accompagner la mobilité des travailleurs depuis l’entreprise, dans la logique d’un parcours vers une réorientation positive, en mettant mieux en évidence[7] les possibilités de reconversions et de formations. Permettre les carrières mixtes (contrat de travail simultanés dans 2 régimes statutaires, préservant les acquis par exemple en matière de pensions). La réglementation en matière de droit du travail (e.a. sur la mise à disposition des travailleurs [8]) doit pouvoir être adaptée, en mettant mieux à profit les moments de transition (comme un préavis) pour préparer une nouvelle carrière, tout en maintenant l’emploi du travailleur pendant cette période[9], ou encore en étendant le champs des mises à disposition des travailleurs (entreprises ne faisant pas partie de la même entité juridique ; temporairement ou à durée indéterminée). De futurs plans de relance suite à la crise sanitaire pourraient d’ailleurs intégrer une plateforme écoles-entreprises pour encadrer et accompagner des reconversions positives.
 

Consulter aussi l'article paru dans LE SOIR ce 12.06.2020

3. Créer un cadre stimulant dans l’enseignement, qui valorise les compétences (par ex. les « STEM » : comme professeur de sciences ou de mathématiques) et les expériences acquises dans l’entreprise au bénéfice du projet de l’établissement scolaire, en proposant notamment des fonctions mixtes (par ex. coordination, soutien à l’orientation, etc.) dans l’enseignement, et en systématisant l’accompagnement et le mentorat des nouveaux enseignants.

4. Initier une concertation avec les acteurs de l’enseignement supérieur et de la promotion sociale, en priorité dans les fonctions et disciplines de l’enseignement identifiées de manière récurrente en pénurie, pour:

  1. améliorer les parcours de formations pédagogiques existants(certains permettant déjà une mobilité de l’entreprise vers l’enseignement, comme l’agrégation, les CAP et la promotion sociale) et en assouplir modalités et accès (e.a. suivre plus facilement une formation en continuant à travailler, organiser davantage de sessions pour les jurys);
  2. favoriser l’émergence de parcours innovants, notamment en alternance[10] ou combinant l’exercice du métier en entreprise et l’enseignement[11], afin de faciliter l’entrée dans la profession pour des travailleurs issus de l’entreprise, en les préparant aux « codes » du métier et en se focalisant sur les compétences interpersonnelles[12].

C. Témoignages (extraits)

 

témoignage

D’agent d’assurance à institutrice primaire - Madame Sophie Chiaramonte a passé le cap d’une formation d’institutrice primaire de 3 ans après plusieurs années dans le secteur privé. Une réorientation difficile puisqu’une combinaison emploi/formation n’est pas prévue dans ce cas, mais positive puisque Mme Chiaramonte est aujourd’hui directrice ad interim de son école.

« Ma décision n’a pas été facile à prendre, confie-t-elle. Mère célibataire de 27 ans, pouvais-je me le permettre ? De plus, il fallait un an de chômage accompli pour bénéficier de cette option. » Finalement, elle se lance. Durant trois années, elle suit ses cours de jour et accomplit ses stages dans différents établissements scolaires. « La reprise des cours n’a pas été facile car j’étais considérée comme une étudiante de 18 ans alors que j’en avais 27, avec un parcours professionnel dont on ne tenait pas compte. Reprendre ses études sur le tard en élevant seule un enfant n’est pas évident. J’aurais apprécié un soutien psychologique qui m’aide à faire le point sur l’organisation, l’intendance, la gestion du travail à domicile…  Lorsqu’on a un parcours un peu atypique, on peut parfois se sentir bien seul. »

« Le plus difficile au début, c’est la stabilité d’emploi, témoigne-t-elle. Remplacement d’une semaine, de deux semaines, changements d’école… c’est la chaise musicale. Avec des périodes certes courtes de chômage, mais qui impliquent malgré tout pas mal de démarches administratives. Et puis, ne pas savoir si une place sera disponible à la rentrée, ou quand elle le sera, n’apaise pas l’inconfort. Tout cela demande beaucoup de flexibilité et une grande capacité d’adaptation. »

 

témoignage

D’ingénieur industriel à professeur de Sciences  - Monsieur Jean-François Bero, passionné de sciences, passionné d’humain. Faire un travail qui fait sens est essentiel pour lui. Cet expert des sciences a donc décidé de se tourner vers l’enseignement : une transition profitable et valorisante pour les élèves, qui côtoient à l’école un professionnel en phase avec leurs aspirations, à l’heure où les STEM (Sciences Technology Engineering Mathematics) méritent d’être remis en avant.

« Quand je suis en classe avec mes élèves, je suis heureux. Et eux aussi. Je me sens de nouveau utile, reconnu et apprécié pour mon travail. »

« Je pense que l’aspect financier [l’ancienneté acquise dans le privé n’est pas reconnue pour les enseignants de cours généraux, et limitée à 10 ans pour les enseignants de cours techniques/pratique professionnelle, nldr] et l’instabilité professionnelle des débuts représentent des freins à lever si l’on veut motiver les professionnels du privé à intégrer le monde de l’enseignement. »

 

témoignage

De directeur des Ressources Humaines à directeur d’école – Pour Monsieur D. Dejemeppe, engager des profils venant du privé va de pair avec formation pédagogique forte, valorisation du métier de l’enseignant et épanouissement personnel du candidat comme des élèves.

« Pour quelqu’un de passionné qui cherche à transmettre, c’est un très beau métier. Il est important de revaloriser la profession en termes d’identité et, ensuite, de l’attester sur base de rencontres entre personnes du métier et personnes qui se questionnent. En donnant l’opportunité aux personnes qui ont des parcours non linéaires de raconter leur transition heureuse, et aux personnes qui ont choisi l’enseignement dès le début de témoigner de leur satisfaction. »

« Pour qu’une situation mixte d’emploi soit possible, il est nécessaire de bénéficier d’une certaine flexibilité tant du côté de l’entreprise que du directeur d’école. »

Retrouvez l'intégralité de ces témoignages via ce lien.

Lisez également l'interview d'Oliver Remels dans PROF N°47 (SEPTEMBRE-OCTOBRE-NOVEMBRE 2020) via ce lien.


[1] Sondage FAPEO auprès de 500 familles, février 2020.

[2] Rapport 2017-2018 du groupe de travail lié aux missions de contrôle du niveau des études (Service Général d’Inspection–Secondaire) sur la base d’un échantillon de 336 établissements : 33482 élèves dans 1692 groupes-classes.

[3] Nombre de périodes pour lesquelles une offre Primoweb est restée sans réponse en FW-B (heures vacantes et absences cumulées): 170 dans le Fondamental ; 682 dans le Secondaire Inférieur (Math, Sciences, Français), 382 Sec Sup (Néerlandais, Français, Anglais). Données 2018-2019 de la chambre de la Pénurie (AGE, FW-B) ; Décret du 14 mars 2019 portant sur l'organisation du travail des membres du personnel.

[4] Le rythme moyen des jeunes générations, tout secteur confondu, est à présent celui d’une mobilité professionnelle tous les 5 à 6 ans.

[5] Plus de 13% (NEETS) des jeunes en Wallonie et 20% à Bruxelles sont sans emploi et sans parcours, ni dans l’enseignement ni dans une formation.

[6] Décret du 11 avril 2014 réglementant les titres et fonctions dans l'enseignement organisé et subventionné par la Communauté française.

[7] Directions des ressources humaines, bureaux d’outplacement et secrétariats sociaux sont des points d’appui.

[8] La Loi du 24 juillet 1987 sur le travail temporaire, le travail intérimaire et la mise de travailleurs à la disposition d'utilisateurs («Loi détachement»).

[9] Autoriser des contrats de travail simultanés dans les deux régimes statutaires, au minimum à titre transitoire, à l’instar d’expériences menées dans d’autres secteurs/régions (notamment « Dual Lessen Geven» en Flandre).

[10] Dans le programme « Leraar in Opleiding » en Flandre (enseignement Fondamental), 75 % des crédits sont acquis en haute école/université et 25% via des stages dans une classe. L’enseignant débutant est en contrat avec une école. Il peut acquérir ses titres pédagogiques “en alternance” (il est rémunéré pendant qu’il suit sa formation en horaires décalés). L’expérience construite dans la classe dont l’enseignant à la charge (ou lors de remplacement) vaut comme stages, ce qui ne nécessite pas de compléter les stages dans d’autres écoles. Les parcours (l’ordre des apprentissages) des universités/hautes écoles sont adaptés selon les rythmes scolaires. Les formations d’instituteurs, master à finalité didactique, agrégation dans l’enseignement Secondaire, promotion sociale/CAP pourraient faire l’objet de parcours innovants en alternance, à l’instar d’autres études supérieures.

[11]Le Gouvernement flamand a initié en partenariat avec Essenscia un projet-pilote (« Duale Lesgevers ») de 2 ans visant à permettre à des personnes employées dans les entreprises (volontaires) de travailler pour une période limitée comme enseignant (à temps partiel) dans l’enseignement secondaire. Une courte formation pédagogique intensive est organisée par les hautes écoles/universités pour les candidats qui n’ont pas de titres pédagogiques.

[12] A l’instar des formations accélérées dispensées par l’asbl Teach for Belgium, palliant aux pénuries aigües d’enseignants dans les écoles à encadrement différencié du Secondaire à Bruxelles. Les candidats se connectent ainsi apidement aux réalités du métier, avant d’acquérir (pour 8 sur 10 d’entre-eux) un titre pédagogique.

Soutenir durablement le numérique éducatif en Fédération Wallonie Bruxelles

Le projet pilote de rentrées numériques mené par EducIT affiche des premiers résultats très positifs. Cette expérience peut aider à soutenir une mise à l’échelle du numérique éducatif, en particulier pour accompagner la formation des techno-pédagogues.

Les invariants d’un virage éducatif réussi

Le projet pilote de rentrées numériques mené par EducIT affiche des premiers résultats très positifs. La crise sanitaire a encore renforcé son intérêt et sa pertinence aux yeux des acteurs de l’école. 10 à 12 écoles rejoindront les 4 premières écoles du pilote dès septembre 2020.

Le projet de « rentrée numérique » initié par l’asbl EducIT* réunit des conditions favorables à un virage numérique réussi au service des apprentissages à l’école et à domicile. Le  projet qui se déploie dans les écoles secondaires (4, 5, 6) soutient un virage numérique autour de 4 piliers indissociables: 1. Une approche par école (si possible en lien avec son plan de pilotage), 2. Un équipement uniforme pour chaque élève (1 :1) dans une école, permettant une approche pédagogique homogène et un gestion locale facilitée, 3. Une plate-forme de scénarisation pédagogique et 4. La formation et accompagnement des enseignants par des techno-pédagogues.  

Rien ne sert de fournir des équipements si les pédagogues ne sont pas formés pour l’utiliser. EducIT propose une prise en main du matériel par les enseignants, une formation au socle de base, un accompagnement sur mesure par un techno-pédagogue 3 jours/mois en moyenne … Au total, les enseignants sont accompagnés pendant 12 mois.

Ces « ingrédients » sont manifestement des invariants nécessaires, contribuant à un virage numérique éducatif réussi, et cela quels que soient le choix des technologies, équipements et plateformes utilisées dans les écoles.

Evaluation intermédiaire très positive du projet pilote

En juin 2020, les premiers résultats d’une évaluation indépendante sont excellents, mettant en évidence notamment  :

  • La bonne acceptation des parents sur l’approche proposée (y-compris le modèle de co-financement des parents**) ;
  • Le bon ressenti des enseignants par rapport au projet (3 sur 4 sont positifs et plus de 8 sur 10 pensent que le dispositif contribue à enrichir les cours);
  • L’homogénéité du matériel utilisé par les élèves est plébiscitée (facteur de succès) par près de 8 enseignants sur 10 ;
  • L’usage fréquent (« à chaque cours » et « toutes les semaines ») est multiplié par trois.

Le contexte d’hybridation et de distanciation possibles des apprentissages accroit encore l’intérêt pour le pilote

Suite à la crise sanitaire, de nombreuses demandes sont parvenues à l’équipe pour monter à bord du projet pilote. Tenant compte du nombre de techno-pédagogues nécessaires à l’accompagnement des enseignants qui sont disponibles au sein de l’asbl EducIT et dans les fédérations de pouvoirs organisateurs, pas moins de 12 écoles rejoindront le projet pour l’année scolaire 2020/21. D’autres demandes d’écoles sont en discussion, mais sont subrogées à un nombre suffisant de techno-pédagogues pour accompagner le changement.  Un enjeu majeur donc pour toute mise à l’échelle.

Les écoles situées en Wallonie qui en ont fait la demande pourront en outre compter sur un soutien public pour la location/achat des ordinateurs. Des contacts se poursuivent pour un soutien comparable aux écoles en Région Bruxelles Capitales.

*Comité de pilotage : EducIT, les 5 fédérations de pouvoirs organisateurs, la Fédération Wallonie-Bruxelles, l’Agence du Numérique wallonne, les acteurs philanthropiques qui soutiennent le projet et la Fondation pour l’Enseignement.

**Dans le projet pilote, les chromebooks (équipement choisi pour le pilote) sont co-financés par les familles, à hauteur de 20 euros/trimestre dans un modèle de location/achat (achat possible pour 30 euros après 3 ans). Des fonds de solidarité permettent de soutenir les familles qui le demandent.

 

 

Projet pilote STORY-ME : un succès collectif au bénéfice des élèves

Pendant 3 ans, le projet pilote STORY-ME a permis de soutenir 6000 jeunes dans l’enseignement qualifiant à Bruxelles, en développant leurs compétences à s’entreprendre, dans une dynamique inédite d’intelligence collective entre les acteurs scolaires, philanthropiques et associatifs.

De bonnes pratiques co-construites pendant 3 ans

Le 30 juin dernier, le projet pilote Story-Me s’achevait, après 3 années d’activités intenses d’un projet co-construit avec 10 écoles qualifiantes à Bruxelles issues de trois réseaux, 11 associations offrant des activités et une expertise complémentaires, et 8 acteurs philanthropiques grâce auxquels ce projet, mené dans une dynamique unique d’intelligence collective, a pu être mis sur pied.

Pour rappel, le projet pilote STORY-ME proposait un parcours pour aider les élèves de l’enseignement qualifiant à s’entreprendre : parmi 12 compétences-clés, l’« estime de soi », la « découverte des métiers », la « mise en projets » étaient travaillés entre la 3ème et la 6ème année du secondaire, au travers d’activités diverses organisées pour la plupart à l’école, en co-animation avec les enseignants. Des formations à la pédagogie entrepreneuriale et aux modules proposés par les associations partenaires étaient également proposées aux enseignants avec une ambition d'autonomie progressive en la matière.

Préparer l’avenir et s’articuler avec les réformes en cours

Fort d’une évaluation très positive du pilote, un projet 2.0, recentré sur des priorités liées à l’orientation positive en fin de premier cycle du secondaire / début du deuxième cycle du secondaire technique et professionnel, est actuellement à l’étude.

En effet, de nombreux élèves sont en quête de sens dans leurs orientations scolaires, notamment dans le qualifiant, où pas mal d’élèves se trouvent suite à des échecs successifs dans l’enseignement général. Les accompagner en fin du premier cycle/début du deuxième cycle (soit à l’entame de la troisième année du secondaire technique et professionnel) pour les aider à confirmer et/ou affiner leur choix est très utile pour la suite de leur parcours scolaire et professionnel.

Un parcours visant à développer plus spécifiquement la connaissance et l’estime de soi, la connaissance des métiers et la mise en projets, permettra de mieux armer des jeunes qui n’auront pas encore bénéficié du futur tronc commun polytechnique et pluridisciplinaire. Celui-ci prévoit bien de développer ces compétences, mais entre progressivement en vigueur. Les premiers élèves du qualifiant en bénéficieront d’ici 8 ans. Il est donc important de soutenir d’ici là les élèves et leurs enseignants, dans les écoles qui font de ces enjeux leur cheval de bataille.

Par ailleurs, la récente crise sanitaire a eu pour conséquence de fragiliser encore davantage les élèves en situation d’échec, particulièrement vulnérables de l’enseignement technique et professionnel très représentés dans les milieux les plus défavorisés, qui risquent de décrocher suite à l’éloignement de l’école pendant plusieurs mois.

Résultats du projet pilote STORY-ME

  • Nombre d’élèves ayant suivi au moins un atelier : 5831.
  • Nombre d’ateliers organisés avec les associations : 805.
  • Nombre d’enseignants formés formés aux pédagogies entrepreneuriales et aux modules dans une perspective d’autonomisation progressive: 191.
    Objectif fixé en 2017 : « Atteindre 3000 jeunes inscrits dans les filières précitées et augmenter de manière significative l’esprit et les compétences entrepreneuriales de 70% des jeunes sensibilisés ».
  • Dynamique d’intelligence collective menée avec 8 acteurs philanthropiques, 11 associations et 11 écoles (projet bi-communautaire mené dans 9 écoles FR et 2 écoles NL) à Bruxelles, en dialogue avec les acteurs institutionnels à Bruxelles.
  • Intégration de Story-me dans le projet scolaire : présence des enseignants aux ateliers, présentation de Story-me aux moments clés de l'année, etc.
    Des réunions de lancement pour les enseignants et les élèves ont été organisés dans les écoles afin de lancer et encadrer correctement le projet.
  • Un parcours d'ateliers clair permettant à l'enseignant d'appréhender pleinement les programmes a été créé, et amélioré au fil du temps dans une dynamique d’intelligence collective.
  • Renforcement de la dynamique collective : co-construction, amélioration de la gouvernance, groupes de travail et formations pour l’équipe ont été organisés dans plusieurs domaines d’expertise.
  • Une communication adaptée aux enjeux de mobilisation et d’information des acteurs (site Internet, outils d’information à l’école, etc.). Le projet a été salué par S.M. le Roi Philippe, qui a visité le projet dans l’une des écoles du projet pilote le 12.03.2019. présentation du projet et visite royale : https://www.fondation-enseignement.be/videos.
  • Suite à la crise du COVID, les ateliers en présentiel ont été suspendus en avril 2020, mais une offre d’ateliers en ligne a été proposée par les associations.
  • Des fiches pédagogiques et un lien vers les associations partenaires restent actifs sur le site Internet à l’issue du pilote, afin de pérenniser ces bonnes pratiques.

 

Le bilan du projet pilote Story-Me en image :

The French version: https://youtu.be/Yho46lCJtQU

The Dutch version: https://youtu.be/hHuK8M8bBeE

 

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Il s’agit d’un exemple récent d’initiatives sectorielles proposant des ressources utiles, tant pour soutenir une orientation positive que pour nourrir les enseignants en contenus formatifs.

Plus d’infos : www.wattsup.be